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De ce que me disent et me font dire les Gilets Jaunes

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Je ne m’attendais pas au mouvement des « gilets jaunes ». On ne sait jamais ce qui fait « démarrer » les mouvements sociaux, et comment il démarrent.


Depuis longtemps pourtant, je me demande comment il se fait que les « gens »1 ne réagissent pas.

Syndicaliste, j’étais assez dépité par le peu de monde dans les luttes ; par les gens, aujourd’hui gilets jaunes, qui râlaient hier quand je les « prenais en otage » par mes journées de grève2 . Pourtant cette action syndicale et ces grèves avaient des objectifs dont certains sont très proches de ce que veulent aujourd’hui les « gilets jaunes »...


Pour la première fois depuis que je suis en âge de voter3, je ne me suis pas, volontairement et en le revendiquant, rendu aux urnes en mai 2017 pour le deuxième tour de la Présidentielle, opposant Madame Le Pen à Monsieur Macron.

J’envisageais même, sans avoir finalement pu le faire, passer et repasser devant mon bureau de vote en portant sur le dos une canne à pêche, juste pour faire réagir.

Pour moi, Macron était déjà une caricature de ce qu’il ne fallait pas faire ; une caricature du pire de ce que peut produire la « sociale-démocratie » ancrée dans le capitalisme le plus violent. Sous le règne du Président Hollande, il était avec son comparse Monsieur Valls, et encore plus que lui malgré le fait qu’il « présente bien », le symbole de ce qui nous conduit droit dans le mur (écologique, économique, social). Impossible donc de voter pour lui, même si c’était contre la « Le Pen ». Mon argument était que, de toutes façons, la politique de Macron nous amènerait forcément l’extrême droite « la prochaine fois ».

Je n’étais pas le sel à ne pas me rendre aux urnes. Au deuxième tour, si le président élu a fait 66,10 % des voix exprimées, ça ne représentait qu’un peu plus de 20 millions d’électeurs et d’électrices pour près de 48 millions d’inscrits, soit bien moins que la moitié (exactement 43,6%).

Ainsi, et par ma démarche, celui dont le nom a été promulgué à l’issue du processus électoral n’est pas mon président. Je ne lui reconnais pas de légitimité. Lui, ce n’est pas moi, ni mon représentant.


Cependant, je me trompais. C’est encore pire que ce que je m’imaginais - et pourtant, je suis d’un tempérament bien pessimiste.... Depuis le début de son mandat, Monsieur Macron, volontairement ou non 4, humilie les gens. En particulier avec les mesures symboliques de début de mandat5 ou ses petits mots catastrophiques6.

Fonctionnaire, je suis représentant du personnel en CAP (Commission Administrative Paritaire), au niveau local. J’y suis revenu, après une « pose » de quelques années. Et je suis abasourdi : ce ne sont plus des commissions paritaires, mais des chambres d’enregistrement des décisions gouvernementales. Si je n’y étais pas, je n’y croirais pas. La marge de manœuvre des syndicats est nulle. Aucune considération pour les « corps intermédiaires » qui sont négligés, méprisés. Nous (élus syndicaux, représentants du personnel) perdons ainsi toute crédibilité devant les salariés.


Alors, comment ne pas comprendre les « gilets jaunes » ? Les « gens » ne sont pas des abrutis. Quand on se moquent en permanence d’eux, au bout d’un moment, ils s’en aperçoivent. Même s’ils ont voté, trompés à l’époque par sa présentation et ses beaux discours, pour le responsable du désastre actuel.


Car Emmanuel Macron est le principal créateur des « Gilets Jaunes ». Il n’est pas responsable de toutes les inégalités, les injustices de la société française actuelle. Mais par son attitude, son arrogance volontaire ou non, il en est le révélateur. Sa politique a dépassé la limite du tolérable par la majorité des gens.

Cette majorité est de fait diverse. Comme l’est la société française, dont l’idéal commun ne peut être résumé à l’unique « start-up nation » macroniste.


Cette faillite du système politique français est de plusieurs ordres :


- une faillite du système éducatif, qui reste élitiste. L’uniformité intellectuelle de la formation de nos élites gouvernantes font qu’elles n’ont aucune possibilité de penser autrement que par le prisme du capitalisme, de la supériorité de la concurrence « libre et non faussée ».


Pour mettre en œuvre ce qu’il a appris dans les écoles des élites dirigeantes de la nation (et rendre la monnaie à celles et ceux qui l’ont aidé à accéder au trône ?7), Emmanuel Macron a mis en œuvres des actions qui vont toutes dans le même sens : valorisation des puissants au niveau économique au mépris des faibles. Tout cela dans l’illusion culturelle capitaliste que l’augmentation du profit des « riches » bénéficiera au final aux « pauvres », car les riches investiront au profit des pauvres.


Ce principe politique aveugle a été mené de main de maître par Emmanuel Macron.

Aujourd’hui, l’incohérence entre la présentation du « projet » et sa réalité apparaît au grand jour :

Les « taxes » présentées comme écologiques sur les carburants routiers des particuliers ne sont en fait pas utilisées pour la transition écologique, ou marginalement. Le carburant du transport aérien, principalement utilisé par les élites économiques, reste entièrement exempt de taxes. Les transports routiers ou maritimes de marchandises, très polluants, restent détaxés, sans aucune remise en cause.

Le ressenti est ainsi le suivant : les riches détaxés, les pauvres taxés. C’est un ressenti, mais quoi qu’en dise le pouvoir gouvernemental, c’est aussi factuel.


Cela pousse à l’exaspération : impossibilité de s’exprimer autrement que par la révolte, puisque toutes les soupapes ont été bloquées par le gouvernement par son incapacité à prendre effectivement en compte les alertes qui lui ont été données par les « corps intermédiaires ».


Et voilà donc les gilets jaunes. Je ne peux pas accepter certaines revendications qui vont à l’opposé de mes convictions (en particuliers certaines concernant les personnes migrantes). Ils ne sont d’ailleurs pas d’accord entre « Gilets Jaunes » eux-même.

Toutefois, leur colère est légitime, et rejoint la mienne.


Je ne me sens pas représenté par beaucoup de politiques au niveau national. Mais par certain-e-s, oui. Telles que Caroline Fiat, Elsa Faucillon ou François Ruffin...

Ce dernier a, il me semble, la démarche qu’il convient avec le mouvement des Gilets jaunes. Il va à la rencontre, partage les combats, questionne, fait remonter (dans l’assemblée nationale), les souffrances et les demandes. Bref, ils représente ses électeurs et électrices et se bat pour elles et eux. Tout cela en proposant des pistes réalistes et construites. Et c’est un plus par rapport aux demandes disparates et parfois contradictoires d’un mouvement très divers et non structuré, ce qui est une de ses grandes faiblesses).


Pour que l’épisode politique et social actuel soit positif, que le « Rassemblement National » ou ses satellites (comme l’est de plus en plus « Les Républicains » de Laurent Wauquiez n’apparaissent pas comme les seuls recours possible, il faut investir le mouvement des gilets jaunes.

Déjà, le gouvernement essaie de se servir des revendications pour la suppression des taxes (rêve des libertariens comme beaucoup à « La République en Marche »). Il s’en sert pour justifier à l’avance la suppression des services publics et des protections sociales. Car, selon Edouard Philippe ou Emmanuel Macron, si on supprime des entrées, il faut bien limiter les dépenses. Et les prestations sociales, la « sécu », les services publics, ce sont des dépenses !


Mettons donc nos gilets jaunes, rouges, verts, violets, noirs, pour une autre société ; une société plus juste, joyeuse, solidaire, autogestionnaire, dans un environnement préservé.


1 Je suis bien conscient d’utiliser par ce terme « les gens » un vocabulaire que le PCF a mis en œuvre (repris par J.L. Mélenchon) pour ne plus dire « prolétaires » ou « travailleurs, travailleuses » qui restent toujours dans le vocable de Lutte Ouvrière.

2 Je fais bien-entendu un résumé d’après mon ressenti, cela ne désigne personne en particulier.

3 C’est à dire1987, soit 31 ans tout de même.

4 Je n’arrive pas à me faire une idée sur ce point.

5 Suppression de l’impôt sur la fortune ; suppression de 5€ pour l’APL, augmentation CIG...

6 Gaulois réfractaires, se payer un costume, traverser la rue pour un job, ...

7 Voir par exemple : https://www.mediapart.fr/journal/france/181116/macron-et-ses-donateurs-et-voila-le-debat-sur-la-transparence


Date de création : 08/12/2018 00:46
Catégorie : - Mes élus
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Capitalisme ? Non !

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