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ça gazouille

Et là le fil gazouillant de Phil OGM... J'aime !

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Nouvelles des Amis - Ensemble ! - MAGE

Ensemble - Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire


ASSURANCE CHÔMAGE : LA SPIRALE DE LA PAUVRETE ! 

  

   Depuis 2 ans Ensemble ! dénonce la réforme de l’assurance chômage du gouvernement : les
unes après les autres les mesures prises changent complètement l’indemnisation du chômage
et détruisent un pas entier de notre système de protection sociale solidaire.
Le remplacement des cotisations chômage par l’impôt , la violence de la loi "Choisir son avenir
professionnel" , les décrets sur les sanctions et aujourd’hui sur la réduction des allocations
mettent en place un nouveau système où le droit est remplacé par une indemnisation soumise
aux choix budgétaires.

   Demain la mise en place du revenu universel d’activité proposera aux exclus de se partager la
misère et des formes de travail forcé.
Cette réforme punitive au prétexte de faire 3,4 milliards d'euros d'économie va étendre la
précarité et fabriquer de nouveaux pauvres .Une fois de plus elle nourrit une suspicion à l'égard
de 6 millions d'individus inscrits à Pole Emploi. Cette « réforme » va encore pénaliser les
femmes qui sont majoritaires parmi les demandeur-euse-s d'emplois en « activité réduite »
Pour faire passer ces mauvais coups le gouvernement utilise le mensonge et la division entre
les victimes de ce système.

   L’ensemble des forces sociales, syndicales et politiques qui combattent le capitalisme et visent
une société solidaire peuvent et doivent s’unir pour mettre en échec la réforme de l’assurance
chômage dans un combat quotidien et des mobilisations pour les droits . A partir des exigences
revendicatives portées par les associions et syndicats de chômeur-euse-s, mais aussi par le
mouvement syndical tout entier et des organisations politiques, nous pouvons construire
unitairement une alternative qui abolisse le chômage.

Pour Ensemble ! Il est urgent de construire cette solidarité active avec les précaires et les
chômeur-euse-s !

Type: 
Article

ASSURANCE CHÔMAGE : LA SPIRALE DE LA PAUVRETE ! 

  

   Depuis 2 ans Ensemble ! dénonce la réforme de l’assurance chômage du gouvernement : les
unes après les autres les mesures prises changent complètement l’indemnisation du chômage
et détruisent un pas entier de notre système de protection sociale solidaire.
Le remplacement des cotisations chômage par l’impôt , la violence de la loi "Choisir son avenir
professionnel" , les décrets sur les sanctions et aujourd’hui sur la réduction des allocations
mettent en place un nouveau système où le droit est remplacé par une indemnisation soumise
aux choix budgétaires.

   Demain la mise en place du revenu universel d’activité proposera aux exclus de se partager la
misère et des formes de travail forcé.
Cette réforme punitive au prétexte de faire 3,4 milliards d'euros d'économie va étendre la
précarité et fabriquer de nouveaux pauvres .Une fois de plus elle nourrit une suspicion à l'égard
de 6 millions d'individus inscrits à Pole Emploi. Cette « réforme » va encore pénaliser les
femmes qui sont majoritaires parmi les demandeur-euse-s d'emplois en « activité réduite »
Pour faire passer ces mauvais coups le gouvernement utilise le mensonge et la division entre
les victimes de ce système.

   L’ensemble des forces sociales, syndicales et politiques qui combattent le capitalisme et visent
une société solidaire peuvent et doivent s’unir pour mettre en échec la réforme de l’assurance
chômage dans un combat quotidien et des mobilisations pour les droits . A partir des exigences
revendicatives portées par les associions et syndicats de chômeur-euse-s, mais aussi par le
mouvement syndical tout entier et des organisations politiques, nous pouvons construire
unitairement une alternative qui abolisse le chômage.

Pour Ensemble ! Il est urgent de construire cette solidarité active avec les précaires et les
chômeur-euse-s !

Type: 
Article

(12/11/2019 16:40)

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis 

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis

C'est l'absence de majorité au parlement pour résoudre le Brexit qui, après des mois d'impasse, a forcé
à l'organisation d'élections anticipées pour le 12 décembre. Mais si cette crise politique est d'une
ampleur historique, ce n'est pas la seule qui touche la Grande-Bretagne.

Il s'agit de la cinquième puissance économique mondiale, et pourtant les usager·e·s des « banques
alimentaires » (dons de nourriture) se comptent par millions. Après la Grèce, la Grande-Bretagne est le
pays développé où les salaires ont le plus baissé après la crise de 2008. Les services publics ont été
ravagés par des années d'austérité. Le système du « Crédit universel », regroupement de plusieurs
allocations (chômage, logement...) a permis une politique particulièrement cruelle de contrôle, de
sanction et de baisse des revenus des personnes les plus pauvres. Le montant des loyers a explosé,
ainsi que le nombre de personnes sans-abri ou sans logement digne. Cette crise sociale, absente des
grands médias, est un facteur essentiel. Elle nourrit une colère anti-système qui a contribué au vote de
2016 pour la sortie de l'Union européenne, mais en se tournant davantage contre l'immigration que pour
la justice sociale. Les élections seront-elles dominées par le Brexit, ou permettront-elles de mettre en
avant le partage des richesses ?

À l'heure actuelle, les pronostics sont très difficiles. Le Parti conservateur est en tête des sondages, le
débat médiatique tourne autour du Brexit, mais la campagne peut changer bien des choses.
Les conservateurs (droite), emmenés par Boris Johnson, promettent de « réaliser le Brexit ». L'accord de
sortie qu'ils proposent ouvre la voie à un rapprochement avec les États-Unis, à la réduction des normes
environnementales et du droit du travail, et au renforcement des politiques racistes déjà en place. Le
Parti du Brexit le concurrence sur sa droite en défendant une sortie brutale de l'Union européenne. Au
contraire, les démocrates-libéraux (Lib Dems, « centristes » mais qui ont gouverné avec les
conservateurs de 2010 à 2015) se veulent le parti du maintien dans l'Union européenne.

Le Parti travailliste (gauche) arrive aux élections avec une double orientation. D'une part, un programme
de progrès social qui rompt avec les politiques passées. En 2017, son programme radical (pour le
contexte britannique) et une campagne très dynamique lui avaient permis d'obtenir un résultat bien
meilleur qu'attendu. Pour 2019, le programme devrait être encore renforcé. Par exemple, la neutralité
carbone en 2030 et peut-être la réduction de la semaine de travail à 32h devraient rejoindre les
engagements de hausse des salaires, de renationalisation progressive du rail et de la poste, et de
gratuité de l'université. D'autre part, le Parti travailliste propose de négocier un accord de sortie de
l'Union européenne qui préserve le droit du travail et les normes environnementales, et de le soumettre à
un référendum en proposant également la possibilité de rester dans l'UE.

Cette orientation reflète des divergences au sein du parti : faut-il s'opposer au Brexit ou respecter le vote
de 2016 ? peut-on se concentrer sur les questions sociales et esquiver celle du Brexit ? Mais elle peut
aussi rassembler deux électorats partiellement distincts, les personnes qui font passer les revendications
sociales en priorité, et celles qui souhaitent un nouveau référendum pour rester dans l'UE.
Cinq semaines de campagne vont précéder l'élection. On peut s'attendre à un déferlement de
propagande et de calomnies de la part des grands médias, en particulier contre les travaillistes. En face,
des dizaines de milliers de militant·e·s de gauche se préparent au porte-à-porte, à mener campagne sur
les réseaux sociaux et à tirer partie de leur nombre, de leur motivation et de l'espoir porté par leur
programme.

Le résultat est très incertain. Une majorité pour les conservateurs serait désastreuse et démoralisante.
Une victoire travailliste est possible, mais pourrait ne pas donner de majorité absolue au parlement. Un
gouvernement travailliste risquerait d'être fragile, d'une part s'il dépendait du soutien des
indépendantistes écossais (centre-gauche) ou s'il faisait le choix de s'allier aux démocrates-libéraux, et
d'autre part du fait de ses divisions internes.

La gauche a beaucoup progressé dans le Parti travailliste depuis que Jeremy Corbyn en a été élu
président, mais la droite domine encore le groupe parlementaire. Le fonctionnement du parti a peu
changé et la culture dominante, même à gauche, est l'obéissance fidèle à la direction plutôt que la
réflexion critique. L'activité du parti tourne presque totalement autour des élections et des institutions. En
cas de victoire, de nouveaux défis se dresseront et l'application du programme nécessitera forcément

Une bataille politique à l'extérieur comme à l'intérieur du parti, ce qui pour l'heure n'a pas été préparé.
Les mobilisations sociales sont les grandes absentes de la situation britannique. Battu durant les
décennies néolibérales, le mouvement syndical est faible et mise majoritairement sur un changement
par les élections. Signe encourageant toutefois, plusieurs grèves victorieuses ont été menées à Londres
par des travailleurs·ses migrant·es et précaires, souvent organisé·es dans de petits syndicats combatifs.
Par ailleurs, une grève nationale pourrait également avoir lieu à la fin de l'année à la Royal Mail (poste)
et faire l'objet d'une campagne de soutien dans la population. Une victoire électorale pourrait aussi
encourager les luttes. En tout cas, une vraie rupture avec l'austérité ne semble possible qu'avec la
pression de mobilisations.

 

Nicolas V.

Type: 
Article

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis 

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis

C'est l'absence de majorité au parlement pour résoudre le Brexit qui, après des mois d'impasse, a forcé
à l'organisation d'élections anticipées pour le 12 décembre. Mais si cette crise politique est d'une
ampleur historique, ce n'est pas la seule qui touche la Grande-Bretagne.

Il s'agit de la cinquième puissance économique mondiale, et pourtant les usager·e·s des « banques
alimentaires » (dons de nourriture) se comptent par millions. Après la Grèce, la Grande-Bretagne est le
pays développé où les salaires ont le plus baissé après la crise de 2008. Les services publics ont été
ravagés par des années d'austérité. Le système du « Crédit universel », regroupement de plusieurs
allocations (chômage, logement...) a permis une politique particulièrement cruelle de contrôle, de
sanction et de baisse des revenus des personnes les plus pauvres. Le montant des loyers a explosé,
ainsi que le nombre de personnes sans-abri ou sans logement digne. Cette crise sociale, absente des
grands médias, est un facteur essentiel. Elle nourrit une colère anti-système qui a contribué au vote de
2016 pour la sortie de l'Union européenne, mais en se tournant davantage contre l'immigration que pour
la justice sociale. Les élections seront-elles dominées par le Brexit, ou permettront-elles de mettre en
avant le partage des richesses ?

À l'heure actuelle, les pronostics sont très difficiles. Le Parti conservateur est en tête des sondages, le
débat médiatique tourne autour du Brexit, mais la campagne peut changer bien des choses.
Les conservateurs (droite), emmenés par Boris Johnson, promettent de « réaliser le Brexit ». L'accord de
sortie qu'ils proposent ouvre la voie à un rapprochement avec les États-Unis, à la réduction des normes
environnementales et du droit du travail, et au renforcement des politiques racistes déjà en place. Le
Parti du Brexit le concurrence sur sa droite en défendant une sortie brutale de l'Union européenne. Au
contraire, les démocrates-libéraux (Lib Dems, « centristes » mais qui ont gouverné avec les
conservateurs de 2010 à 2015) se veulent le parti du maintien dans l'Union européenne.

Le Parti travailliste (gauche) arrive aux élections avec une double orientation. D'une part, un programme
de progrès social qui rompt avec les politiques passées. En 2017, son programme radical (pour le
contexte britannique) et une campagne très dynamique lui avaient permis d'obtenir un résultat bien
meilleur qu'attendu. Pour 2019, le programme devrait être encore renforcé. Par exemple, la neutralité
carbone en 2030 et peut-être la réduction de la semaine de travail à 32h devraient rejoindre les
engagements de hausse des salaires, de renationalisation progressive du rail et de la poste, et de
gratuité de l'université. D'autre part, le Parti travailliste propose de négocier un accord de sortie de
l'Union européenne qui préserve le droit du travail et les normes environnementales, et de le soumettre à
un référendum en proposant également la possibilité de rester dans l'UE.

Cette orientation reflète des divergences au sein du parti : faut-il s'opposer au Brexit ou respecter le vote
de 2016 ? peut-on se concentrer sur les questions sociales et esquiver celle du Brexit ? Mais elle peut
aussi rassembler deux électorats partiellement distincts, les personnes qui font passer les revendications
sociales en priorité, et celles qui souhaitent un nouveau référendum pour rester dans l'UE.
Cinq semaines de campagne vont précéder l'élection. On peut s'attendre à un déferlement de
propagande et de calomnies de la part des grands médias, en particulier contre les travaillistes. En face,
des dizaines de milliers de militant·e·s de gauche se préparent au porte-à-porte, à mener campagne sur
les réseaux sociaux et à tirer partie de leur nombre, de leur motivation et de l'espoir porté par leur
programme.

Le résultat est très incertain. Une majorité pour les conservateurs serait désastreuse et démoralisante.
Une victoire travailliste est possible, mais pourrait ne pas donner de majorité absolue au parlement. Un
gouvernement travailliste risquerait d'être fragile, d'une part s'il dépendait du soutien des
indépendantistes écossais (centre-gauche) ou s'il faisait le choix de s'allier aux démocrates-libéraux, et
d'autre part du fait de ses divisions internes.

La gauche a beaucoup progressé dans le Parti travailliste depuis que Jeremy Corbyn en a été élu
président, mais la droite domine encore le groupe parlementaire. Le fonctionnement du parti a peu
changé et la culture dominante, même à gauche, est l'obéissance fidèle à la direction plutôt que la
réflexion critique. L'activité du parti tourne presque totalement autour des élections et des institutions. En
cas de victoire, de nouveaux défis se dresseront et l'application du programme nécessitera forcément

Une bataille politique à l'extérieur comme à l'intérieur du parti, ce qui pour l'heure n'a pas été préparé.
Les mobilisations sociales sont les grandes absentes de la situation britannique. Battu durant les
décennies néolibérales, le mouvement syndical est faible et mise majoritairement sur un changement
par les élections. Signe encourageant toutefois, plusieurs grèves victorieuses ont été menées à Londres
par des travailleurs·ses migrant·es et précaires, souvent organisé·es dans de petits syndicats combatifs.
Par ailleurs, une grève nationale pourrait également avoir lieu à la fin de l'année à la Royal Mail (poste)
et faire l'objet d'une campagne de soutien dans la population. Une victoire électorale pourrait aussi
encourager les luttes. En tout cas, une vraie rupture avec l'austérité ne semble possible qu'avec la
pression de mobilisations.

 

Nicolas V.

Type: 
Article

(06/11/2019 16:35)

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts. 

Crédit photo: 
Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

Présentation :

Il est difficile d’appréhender les conséquences qu’aura le « changement climatique » sur notre environnement. Vous trouvez ici une contribution qui décrit les dégâts qui sont d’ores et déjà causés aux arbres et aux forêts. Ce texte a été publié dans le n° 78 de « l’Alternative Rouge & Verte » journal trimestriel publié par les collectifs d’Ensemble ! Bourgogne Franche Comté. Il établit un constat lucide de la situation et ébauche quelques pistes pour faire face à ces changements d’ampleur qui s’annoncent. Jean Marie, son auteur, est un professionnel de la nature, par ailleurs militant engagé sur le terrain social et environnemental.

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts.

Les arbres meurent dans notre région, par dizaines, par centaines et par milliers...

Il faut avant tout garder à l'esprit que, quelles que soient les espèces, les dépérissements constatés aujourd'hui sont, en partie, la résultante des canicules et sécheresses qui ont sévi en 2015, 2017 et 2018... Le constat actuel n'a que peu de lien avec la canicule et la sécheresse de 2019. Il aurait très bien pu pleuvoir plus cette année que cela n'eût pas changé grand-chose ...

La canicule et la sécheresse de cette année se paieront cash en 2020 - 2021... voire 2022 ou 25 ou plus tard, selon les essences.

Ainsi, les cèdres expriment les stress subits parfois au-delà de 5 années après un événement climatique extrême, les séquoias de 8 à 10 ans...

Nous n'avons encore pas pris la mesure de la catastrophe climatique. Si certains pensent qu'il est encore possible de changer la donne, je pense personnellement qu'il est déjà fort tard... Nous ne pourrons que limiter à la marge, même en prenant des mesures drastiques, la catastrophe climatique qui s'annonce.

Les "petits "aléas climatiques successifs affaiblissent les arbres qui deviennent plus sensibles aux différentes maladies et parasites. Ces maladies affectent à leur tour la vigueur des arbres qui deviennent, en retour, plus sensibles aux aléas climatiques...

La boucle est bouclée. C’est la spirale du dépérissement, à laquelle les arbres, du fait d’un développement lent, ne savent pas répondre.

S’ensuit une courbe exponentielle de dépérissement dont aucun ordinateur, aucun algorithme ne peut mesurer l'ampleur tant on est devant l'inconnu et tant la multitude des facteurs est grande.

Petit tour d'horizon, Grand Frisson

- Dépérissement massif des sapins dans les Vosges,

- Dépérissement de l'épicéa partout. L'épicéa a été planté massivement dans le Doubs en dessous de 500 mètres, (alors que on biotope idéal- milieu naturel- se situe au-dessus de 800 m). Il n'est pas surprenant qu'il dépérisse aux premiers aléas climatiques ! S'ajoute à ce facteur, la présence de cette sale bestiole appelée scolyte qui se disperse et se multiplie. Lors des épisodes secs, chauds, en l’absence de pluie, le scolyte vole d'épicéa en épicéa, y dépose sa progéniture qui détruit les arbres.

A ces deux facteurs du dépérissement de l'épicéa, s'ajoute l'action des marchands de bois. Ces derniers profitent du prétexte de la maladie des bois pour fixer des prix bas, provoquant la peur du propriétaire.  Lorsqu'il constate une attaque dans ses bois, il se dépêche d'abattre les bois sains de peur que la totalité du peuplement soit atteint et que leur valorisation se fasse à la baisse !

Ce dernier facteur de la disparition des arbres vaut pour presque toutes les essences, même si les causes initiales en sont différentes.

- Les frênes dépérissent à cause d'un champignon appelé Chalara Fraxinéa. Là aussi les ravages sont massifs. Là aussi l'abattage représente la réponse irraisonnée : on abat massivement sans attendre de voir quels sujets sont résistants à cette maladie. On se prive ainsi de toute possibilité de sélectionner les sujets résistant puisqu'abattus prématurément. Il semblerait que la ville de Besançon mette en place un protocole de recherche en ce sens, (j'aime ma ville !).

- Les hêtres, très sensibles au manque d'eau, dépérissent massivement dans le Jura, et partout dans le nord de l’Europe.

- Les platanes: touchés par la maladie du chancre coloré. Cette dernière a été importée en 1945 par les Américains lors du débarquement à Marseille dans des caisses contaminées emballant l'armement et les munitions.

C'est un champignon de la même famille que celui qui a provoqué la quasi-disparition de l'orme en France et qui a entrainé l'abattage de centaines de milliers de platanes dans le sud. Les foyers d'infections ont atteint Bourg en Bresse, Genève et Paris ces dernières années.

Le platane se montre également sensible à un autre champignon: l'anthracnose. Lequel provoque le dépérissement des jeunes feuilles.

Si cette maladie est endémique et peu impactant en termes de santé, l'attaque d'anthracnose a été très sévère cette année. Fin juin on peut considérer que la densité du feuillage des platanes en port libre à Besançon était inférieure de 30% à la normale.

C'est autant de réserve que l'arbre ne fait pas et qui l’affaiblisse.

- Les buis, doublement agressés : ravagés dans toute la France par une chenille : la pyrale du buis. La Franche comté a été sévèrement touchée. Ils sont aussi détruits par un champignon : Cylindrocladium buxicola.

- Les châtaigniers : peu présents dans la région. On en trouve néanmoins en forêt de Chailluz. Ils sont dans toutes les régions atteints de la maladie de l'encre, provoquant leur dépérissement. (La région est actuellement épargnée).

- Les pins noirs...

Un champignon appelé Sphaerosis Sapinaé est présent sur tous les pins noirs de France. Il est endémique et vit sans provoquer de dégâts tant que l'arbre n'est pas stressé, (ce champignon provoque le dessèchement des aiguilles)

A compter du moment où l'arbre subit un stress, le champignon prend alors de l'ampleur et provoque la mort de l'arbre en quelques mois ou quelques semaines. Plusieurs centaines de pins noirs ont déjà été abattus ces dernières années à Besançon, pour cette raison.

On peut s'attendre très raisonnablement à un dépérissement massif des pins noirs avant la Noël.

En observant la couronne des arbres en fin de journée vous pourrez remarquer que la couleur du feuillage, naturellement vert sombre, présente pour beaucoup une couleur vert marron, c'est un très mauvais signe.

- Les pins sylvestres :

Je pensais qu'étant donné que l'on rencontre beaucoup cette essence dans le sud, ceux de nos régions étaient à même de bien résister aux fortes chaleurs et au manque d'eau...

Force est de constater que les pins sylvestres en Franche Comté meurent en nombre...

- Les oliviers : ravagés en Italie par une bactérie tueuse : XylellaFastidiosa. Cette maladie a provoqué la disparition de millions d’oliviers dans la région des Pouilles.

Elle s’est répandue en Espagne malgré une surveillance sanitaire très stricte.

Elle a fait son apparition en Corse l’année dernière et ces jours-ci sur le continen.

Les conséquences

Avec la disparition des arbres c'est tout le biotope qui se trouve alors modifié, à commencer par les sols forestiers.

Le dépérissement des arbres a pour première conséquence la baisse d'apport de matière organique par la dégradation des feuilles.

Cette matière organique est essentielle à la structuration du sol et à la rétention de l'eau. Sans matière organique, pas ou peu d'eau n’est retenue par le sol.

Ce phénomène alimente la spirale de dépérissement généralisé des arbres et provoque une érosion des sols et, à terme, la disparition des forêts sans possibilité de reconstitution des massifs forestiers.

Nous assistons, sans le savoir, à une accélération de la désertification.

Hélas le constat dressé ci-dessus n’est pas exhaustif et il est difficile de situer le point de non-retour. Je pense personnellement que nous y sommes.

(Au-delà d’une certaine dégradation d’un biotope il n’y a pas de retour en arrière et la « nature » ne peut plus compenser, réparer les dégâts subis ; le système est condamné définitivement).

Il est donc temps de prendre la mesure de la catastrophe qui s’annonce et d’exiger des mesures qui s’imposent :
- En zone urbaine chaque arbre doit être défendu. Il est nécessaire de refuser tout abattage d'arbres qui ne soit pas dépérissant ou qui ne présente pas de symptômes de défaut interne du bois.

L’argumentation de compenser l’abattage d’arbres par de nouvelles plantations étant, comme l’exprime si bien Francis Hallé *, une triple arnaque :

« (les arbres) ... sont essentiels. On ne pourrait pas vivre dans une ville entièrement minérale. Mais pour nos élus, les arbres sont du mobilier urbain, pas des êtres vivants. Dès qu’ils gênent un peu, on les coupe. Comme les citadins y sont attachés, quand on abat un vieil arbre, on le remplace par trois plus petits. C’est une triple arnaque. Patrimoniale, car rien ne remplace un vieil arbre sur le plan paysager. Financière, car ces jeunes arbres coûtent cher à l’achat, à la plantation et à l’entretien. Et écologique, car la captation des polluants n’est plus la même. C’est une question de surface. Un grand platane couvre 500 hectares si l’on additionne son écorce, ses feuilles et ses racines. Il faudra plusieurs dizaines d’années pour que la surface cumulée des petits arbres remplace celle de l’ancien. Or beaucoup n’atteindront jamais l’âge adulte, car ils n’ont pas la place de se développer. Les beaux arbres qu’on coupe aujourd’hui ont été plantés il y a un siècle dans de bonnes conditions. Cela n’est plus possible à cause de la densité des réseaux souterrains urbains. »

- En forêt. Ii est urgent de ne plus considérer les forêts comme un ressource et de continuer leur exploitation massive, comme à Chailluz ou en Forêt de Chaux.

Les coupes à blanc (c’est-à-dire les coupes rases où tous les arbres sont abattus sur une parcelle) ne sont plus admissibles du simple fait que nous ne savons pas :

-         quoi replanter

-         et surtout que, techniquement, nous ne pouvons plus replanter en forêt:

Les sujets plantés sont de très jeunes plants : un coup de pioche, mise en place du plant, un coup de pied pour tasser.

Cette technique est très (rustre » et ne permet pas aux jeunes plants de résister aux aléas climatiques les 2 années suivant la plantation. Au premier coup de chaud et au premier manque d’eau le plan meurt (il est très difficilement envisageable d’arroser en forêt).

Ainsi la quasi-totalité des plantations effectuées en forêt de Chailluz en 2017 et 2018 a avorté. Il est envisagé que les dernières coupes blanches de peuplement de frênes abattus dans les coteaux sous la Dame Blanche soient laissées en friches… non replantables !

Chaque Zone Humide doit être défendue pied à pied… comme aux Vaîtes, dans la commune de Besançon.

Mais il est aussi urgent de planter partout où il est possible de planter en tenant compte de la nouvelle donne climatique : c’est à dire avec de réelles fosses de plantation et des gaines d’arrosage ** :

-         en bord de route,

-         sur les délaissés routiers,

-         dans les squares…

A ce propos il est essentiel d’interpeller nos élus et plus particulièrement ceux du Département du Doubs dont la Politique de l'arbre est sidéralement inexistante.

Mais aussi planter dans nos jardins potagers avec des essences à faible ombrage si demain on veut encore des légumes…

Il faut mener le débat et la controverse partout,

Il est bien tard …

Jean Marie Vieille
Taille et soins des arbres.
Des arbres pour l’Homme. Des Hommes pour l’arbre.

Photo : Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

* Francis Hallé : botaniste dendrologue, conférencier, auteur de nombreux ouvrages scientifiques et grand public, comme « Plaidoyer pour l’arbre » paru en 2005.

** A Besançon, les rues sont nettoyées et les arbres arrosés avec de l’eau potable. Une réflexion urgente doit être initiée pour que des stations de pompage de l’eau des réservoirs de ruissellement, du Doubs… soient étudiés afin que ce gaspillage cesse.

Type: 
Article

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts. 

Crédit photo: 
Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

Présentation :

Il est difficile d’appréhender les conséquences qu’aura le « changement climatique » sur notre environnement. Vous trouvez ici une contribution qui décrit les dégâts qui sont d’ores et déjà causés aux arbres et aux forêts. Ce texte a été publié dans le n° 78 de « l’Alternative Rouge & Verte » journal trimestriel publié par les collectifs d’Ensemble ! Bourgogne Franche Comté. Il établit un constat lucide de la situation et ébauche quelques pistes pour faire face à ces changements d’ampleur qui s’annoncent. Jean Marie, son auteur, est un professionnel de la nature, par ailleurs militant engagé sur le terrain social et environnemental.

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts.

Les arbres meurent dans notre région, par dizaines, par centaines et par milliers...

Il faut avant tout garder à l'esprit que, quelles que soient les espèces, les dépérissements constatés aujourd'hui sont, en partie, la résultante des canicules et sécheresses qui ont sévi en 2015, 2017 et 2018... Le constat actuel n'a que peu de lien avec la canicule et la sécheresse de 2019. Il aurait très bien pu pleuvoir plus cette année que cela n'eût pas changé grand-chose ...

La canicule et la sécheresse de cette année se paieront cash en 2020 - 2021... voire 2022 ou 25 ou plus tard, selon les essences.

Ainsi, les cèdres expriment les stress subits parfois au-delà de 5 années après un événement climatique extrême, les séquoias de 8 à 10 ans...

Nous n'avons encore pas pris la mesure de la catastrophe climatique. Si certains pensent qu'il est encore possible de changer la donne, je pense personnellement qu'il est déjà fort tard... Nous ne pourrons que limiter à la marge, même en prenant des mesures drastiques, la catastrophe climatique qui s'annonce.

Les "petits "aléas climatiques successifs affaiblissent les arbres qui deviennent plus sensibles aux différentes maladies et parasites. Ces maladies affectent à leur tour la vigueur des arbres qui deviennent, en retour, plus sensibles aux aléas climatiques...

La boucle est bouclée. C’est la spirale du dépérissement, à laquelle les arbres, du fait d’un développement lent, ne savent pas répondre.

S’ensuit une courbe exponentielle de dépérissement dont aucun ordinateur, aucun algorithme ne peut mesurer l'ampleur tant on est devant l'inconnu et tant la multitude des facteurs est grande.

Petit tour d'horizon, Grand Frisson

- Dépérissement massif des sapins dans les Vosges,

- Dépérissement de l'épicéa partout. L'épicéa a été planté massivement dans le Doubs en dessous de 500 mètres, (alors que on biotope idéal- milieu naturel- se situe au-dessus de 800 m). Il n'est pas surprenant qu'il dépérisse aux premiers aléas climatiques ! S'ajoute à ce facteur, la présence de cette sale bestiole appelée scolyte qui se disperse et se multiplie. Lors des épisodes secs, chauds, en l’absence de pluie, le scolyte vole d'épicéa en épicéa, y dépose sa progéniture qui détruit les arbres.

A ces deux facteurs du dépérissement de l'épicéa, s'ajoute l'action des marchands de bois. Ces derniers profitent du prétexte de la maladie des bois pour fixer des prix bas, provoquant la peur du propriétaire.  Lorsqu'il constate une attaque dans ses bois, il se dépêche d'abattre les bois sains de peur que la totalité du peuplement soit atteint et que leur valorisation se fasse à la baisse !

Ce dernier facteur de la disparition des arbres vaut pour presque toutes les essences, même si les causes initiales en sont différentes.

- Les frênes dépérissent à cause d'un champignon appelé Chalara Fraxinéa. Là aussi les ravages sont massifs. Là aussi l'abattage représente la réponse irraisonnée : on abat massivement sans attendre de voir quels sujets sont résistants à cette maladie. On se prive ainsi de toute possibilité de sélectionner les sujets résistant puisqu'abattus prématurément. Il semblerait que la ville de Besançon mette en place un protocole de recherche en ce sens, (j'aime ma ville !).

- Les hêtres, très sensibles au manque d'eau, dépérissent massivement dans le Jura, et partout dans le nord de l’Europe.

- Les platanes: touchés par la maladie du chancre coloré. Cette dernière a été importée en 1945 par les Américains lors du débarquement à Marseille dans des caisses contaminées emballant l'armement et les munitions.

C'est un champignon de la même famille que celui qui a provoqué la quasi-disparition de l'orme en France et qui a entrainé l'abattage de centaines de milliers de platanes dans le sud. Les foyers d'infections ont atteint Bourg en Bresse, Genève et Paris ces dernières années.

Le platane se montre également sensible à un autre champignon: l'anthracnose. Lequel provoque le dépérissement des jeunes feuilles.

Si cette maladie est endémique et peu impactant en termes de santé, l'attaque d'anthracnose a été très sévère cette année. Fin juin on peut considérer que la densité du feuillage des platanes en port libre à Besançon était inférieure de 30% à la normale.

C'est autant de réserve que l'arbre ne fait pas et qui l’affaiblisse.

- Les buis, doublement agressés : ravagés dans toute la France par une chenille : la pyrale du buis. La Franche comté a été sévèrement touchée. Ils sont aussi détruits par un champignon : Cylindrocladium buxicola.

- Les châtaigniers : peu présents dans la région. On en trouve néanmoins en forêt de Chailluz. Ils sont dans toutes les régions atteints de la maladie de l'encre, provoquant leur dépérissement. (La région est actuellement épargnée).

- Les pins noirs...

Un champignon appelé Sphaerosis Sapinaé est présent sur tous les pins noirs de France. Il est endémique et vit sans provoquer de dégâts tant que l'arbre n'est pas stressé, (ce champignon provoque le dessèchement des aiguilles)

A compter du moment où l'arbre subit un stress, le champignon prend alors de l'ampleur et provoque la mort de l'arbre en quelques mois ou quelques semaines. Plusieurs centaines de pins noirs ont déjà été abattus ces dernières années à Besançon, pour cette raison.

On peut s'attendre très raisonnablement à un dépérissement massif des pins noirs avant la Noël.

En observant la couronne des arbres en fin de journée vous pourrez remarquer que la couleur du feuillage, naturellement vert sombre, présente pour beaucoup une couleur vert marron, c'est un très mauvais signe.

- Les pins sylvestres :

Je pensais qu'étant donné que l'on rencontre beaucoup cette essence dans le sud, ceux de nos régions étaient à même de bien résister aux fortes chaleurs et au manque d'eau...

Force est de constater que les pins sylvestres en Franche Comté meurent en nombre...

- Les oliviers : ravagés en Italie par une bactérie tueuse : XylellaFastidiosa. Cette maladie a provoqué la disparition de millions d’oliviers dans la région des Pouilles.

Elle s’est répandue en Espagne malgré une surveillance sanitaire très stricte.

Elle a fait son apparition en Corse l’année dernière et ces jours-ci sur le continen.

Les conséquences

Avec la disparition des arbres c'est tout le biotope qui se trouve alors modifié, à commencer par les sols forestiers.

Le dépérissement des arbres a pour première conséquence la baisse d'apport de matière organique par la dégradation des feuilles.

Cette matière organique est essentielle à la structuration du sol et à la rétention de l'eau. Sans matière organique, pas ou peu d'eau n’est retenue par le sol.

Ce phénomène alimente la spirale de dépérissement généralisé des arbres et provoque une érosion des sols et, à terme, la disparition des forêts sans possibilité de reconstitution des massifs forestiers.

Nous assistons, sans le savoir, à une accélération de la désertification.

Hélas le constat dressé ci-dessus n’est pas exhaustif et il est difficile de situer le point de non-retour. Je pense personnellement que nous y sommes.

(Au-delà d’une certaine dégradation d’un biotope il n’y a pas de retour en arrière et la « nature » ne peut plus compenser, réparer les dégâts subis ; le système est condamné définitivement).

Il est donc temps de prendre la mesure de la catastrophe qui s’annonce et d’exiger des mesures qui s’imposent :
- En zone urbaine chaque arbre doit être défendu. Il est nécessaire de refuser tout abattage d'arbres qui ne soit pas dépérissant ou qui ne présente pas de symptômes de défaut interne du bois.

L’argumentation de compenser l’abattage d’arbres par de nouvelles plantations étant, comme l’exprime si bien Francis Hallé *, une triple arnaque :

« (les arbres) ... sont essentiels. On ne pourrait pas vivre dans une ville entièrement minérale. Mais pour nos élus, les arbres sont du mobilier urbain, pas des êtres vivants. Dès qu’ils gênent un peu, on les coupe. Comme les citadins y sont attachés, quand on abat un vieil arbre, on le remplace par trois plus petits. C’est une triple arnaque. Patrimoniale, car rien ne remplace un vieil arbre sur le plan paysager. Financière, car ces jeunes arbres coûtent cher à l’achat, à la plantation et à l’entretien. Et écologique, car la captation des polluants n’est plus la même. C’est une question de surface. Un grand platane couvre 500 hectares si l’on additionne son écorce, ses feuilles et ses racines. Il faudra plusieurs dizaines d’années pour que la surface cumulée des petits arbres remplace celle de l’ancien. Or beaucoup n’atteindront jamais l’âge adulte, car ils n’ont pas la place de se développer. Les beaux arbres qu’on coupe aujourd’hui ont été plantés il y a un siècle dans de bonnes conditions. Cela n’est plus possible à cause de la densité des réseaux souterrains urbains. »

- En forêt. Ii est urgent de ne plus considérer les forêts comme un ressource et de continuer leur exploitation massive, comme à Chailluz ou en Forêt de Chaux.

Les coupes à blanc (c’est-à-dire les coupes rases où tous les arbres sont abattus sur une parcelle) ne sont plus admissibles du simple fait que nous ne savons pas :

-         quoi replanter

-         et surtout que, techniquement, nous ne pouvons plus replanter en forêt:

Les sujets plantés sont de très jeunes plants : un coup de pioche, mise en place du plant, un coup de pied pour tasser.

Cette technique est très (rustre » et ne permet pas aux jeunes plants de résister aux aléas climatiques les 2 années suivant la plantation. Au premier coup de chaud et au premier manque d’eau le plan meurt (il est très difficilement envisageable d’arroser en forêt).

Ainsi la quasi-totalité des plantations effectuées en forêt de Chailluz en 2017 et 2018 a avorté. Il est envisagé que les dernières coupes blanches de peuplement de frênes abattus dans les coteaux sous la Dame Blanche soient laissées en friches… non replantables !

Chaque Zone Humide doit être défendue pied à pied… comme aux Vaîtes, dans la commune de Besançon.

Mais il est aussi urgent de planter partout où il est possible de planter en tenant compte de la nouvelle donne climatique : c’est à dire avec de réelles fosses de plantation et des gaines d’arrosage ** :

-         en bord de route,

-         sur les délaissés routiers,

-         dans les squares…

A ce propos il est essentiel d’interpeller nos élus et plus particulièrement ceux du Département du Doubs dont la Politique de l'arbre est sidéralement inexistante.

Mais aussi planter dans nos jardins potagers avec des essences à faible ombrage si demain on veut encore des légumes…

Il faut mener le débat et la controverse partout,

Il est bien tard …

Jean Marie Vieille
Taille et soins des arbres.
Des arbres pour l’Homme. Des Hommes pour l’arbre.

Photo : Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

* Francis Hallé : botaniste dendrologue, conférencier, auteur de nombreux ouvrages scientifiques et grand public, comme « Plaidoyer pour l’arbre » paru en 2005.

** A Besançon, les rues sont nettoyées et les arbres arrosés avec de l’eau potable. Une réflexion urgente doit être initiée pour que des stations de pompage de l’eau des réservoirs de ruissellement, du Doubs… soient étudiés afin que ce gaspillage cesse.

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Article

(21/10/2019 18:34)

Ensemble contre l'islamophobie 

Le 11 octobre, à Dijon, les élu.es du Rassemblement National au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ont provoqué un incident à caractère raciste en cherchant à humilier et à menacer, publiquement et devant son fils, une mère voilée venue participer à une sortie éducative.

ENSEMBLE ! Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologique et Solidaire, partage l’indignation d’un grand nombre de citoyen.nes face à cette basse manœuvre visant à stigmatiser encore plus les musulmanEs.

Nous dénonçons l’hypocrisie d’une partie de la droite gouvernementale (LREM) et des Républicains qui, tout en déplorant du bout des lèvres cette provocation fasciste, en a profité pour soulever de nouveau la question, pourtant tranchée par le Conseil d'Etat, de la participation des mères voilées aux sorties scolaires. Plus généralement, c’est la place des musulmanEs dans notre société qui est remise en question.

ENSEMBLE ! réaffirme son opposition à toute nouvelle mesure d’exclusion. C’est aux racistes de dégager, pas aux musulmanEs !

Venant après l’embauche par la chaîne CNews du délinquant raciste Zemmour, le tournant ‘identitaire’ de Macron et son invocation d’une ‘société de vigilance’, des déclarations du ministre de l’éducation nationale Blanquer en faveur de l’exclusion des mères voilées, et bien d’autres signes inquiétants, cette nouvelle offensive islamophobe peut avoir des conséquences politiques et sociales désastreuses. Déjà, le 14 octobre, une sortie scolaire à la caserne des pompiers de la ville de Creil (Oise) a dû être annulée, suite au refus d’un officier d’admettre la présence de deux mères voilées.

L'islamophobie, composante majeure de la droitisation du régime, relayée par une partie de l'establishment politico-médiatique, les violences policières et l'acharnement policier et judiciaire contre les mouvements sociaux sont le signe d'un capitalisme de plus en plus autoritaire que nous devons combattre sans relâche. A cette offensive islamophobe et néo-fasciste, l'ensemble des organisations pour la liberté et les droits peuvent opposer une unité qui rétablissent un rapport de forces clair pour l'égalité, l'émancipation et la liberté démocratique.

Ensemble ! appelle à la vigilance et la mobilisation contre toutes les dérives qui banalisent la haine de la démocratie et des libertés fondamentales.

Type: 
Article

Ensemble contre l'islamophobie 

Le 11 octobre, à Dijon, les élu.es du Rassemblement National au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ont provoqué un incident à caractère raciste en cherchant à humilier et à menacer, publiquement et devant son fils, une mère voilée venue participer à une sortie éducative.

ENSEMBLE ! Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologique et Solidaire, partage l’indignation d’un grand nombre de citoyen.nes face à cette basse manœuvre visant à stigmatiser encore plus les musulmanEs.

Nous dénonçons l’hypocrisie d’une partie de la droite gouvernementale (LREM) et des Républicains qui, tout en déplorant du bout des lèvres cette provocation fasciste, en a profité pour soulever de nouveau la question, pourtant tranchée par le Conseil d'Etat, de la participation des mères voilées aux sorties scolaires. Plus généralement, c’est la place des musulmanEs dans notre société qui est remise en question.

ENSEMBLE ! réaffirme son opposition à toute nouvelle mesure d’exclusion. C’est aux racistes de dégager, pas aux musulmanEs !

Venant après l’embauche par la chaîne CNews du délinquant raciste Zemmour, le tournant ‘identitaire’ de Macron et son invocation d’une ‘société de vigilance’, des déclarations du ministre de l’éducation nationale Blanquer en faveur de l’exclusion des mères voilées, et bien d’autres signes inquiétants, cette nouvelle offensive islamophobe peut avoir des conséquences politiques et sociales désastreuses. Déjà, le 14 octobre, une sortie scolaire à la caserne des pompiers de la ville de Creil (Oise) a dû être annulée, suite au refus d’un officier d’admettre la présence de deux mères voilées.

L'islamophobie, composante majeure de la droitisation du régime, relayée par une partie de l'establishment politico-médiatique, les violences policières et l'acharnement policier et judiciaire contre les mouvements sociaux sont le signe d'un capitalisme de plus en plus autoritaire que nous devons combattre sans relâche. A cette offensive islamophobe et néo-fasciste, l'ensemble des organisations pour la liberté et les droits peuvent opposer une unité qui rétablissent un rapport de forces clair pour l'égalité, l'émancipation et la liberté démocratique.

Ensemble ! appelle à la vigilance et la mobilisation contre toutes les dérives qui banalisent la haine de la démocratie et des libertés fondamentales.

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Article

(17/10/2019 15:33)

Portugal : Pas de miracles, des choix politiques ! 

Une situation économique moins catastrophique,  une victoire électorale d'un Parti socialiste et de la gauche... Et la presse européenne se hâte d'évoquer des miracles !
Rien n'oblige à oublier une situation économique fragile, sur laquelle pèsent des années d'austérité et de régressions sociales imposées par la Troïka au nom de sa doxa ultralibérale. Si elle s'est partiellement améliorée c'est aussi parce que le gouvernement socialiste sortant, sous pression du Bloc de gauche et du PCP, a su faire des concessions sociales et répondre positivement à quelques unes des aspirations populaires.
Le Parti socialiste en recueille les fruits : malgré une forte abstention (45,5%), avec 36,5% des voix il remporte une victoire sans équivalent en Europe. Le Bloc de gauche avec 9,3% des voix conserve ses 19 députés, et malgré une légère érosion (il passe de 550 000 voix à 492 000) il confirme sa position de 3ème parti du pays. Le PCP avec 6,40% des voix subit un recul mais conserve 12 députés.
Les conditions semblent réunies pour que soit poursuivie une politique qui n'ignore pas les intérêts de la population.  Catarina Martins porte parole du Bloc de gauche a  indiqué que son parti  était prêt à négocier avec le PS pour assurer une majorité parlementaire stable en rappelant les conditions posées pour un tel soutien : « La défense de celles et ceux qui vivent de leur travail, contre les exigences de la Troïka, la défense du droit du travail, la lutte contre la précarité, la défense des retraites, le sauvetage du service national de santé, le renforcement de l’investissement public pour faire face à la crise du logement, l’amélioration des transports en commun et l’urgence climatique ».
En France et en Europe, à gauche,  on doit se féliciter des résultats électoraux des gauches portugaises. Et soutenir les exigences politiques portées par le Bloc de gauche.

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Article

Portugal : Pas de miracles, des choix politiques ! 

Une situation économique moins catastrophique,  une victoire électorale d'un Parti socialiste et de la gauche... Et la presse européenne se hâte d'évoquer des miracles !
Rien n'oblige à oublier une situation économique fragile, sur laquelle pèsent des années d'austérité et de régressions sociales imposées par la Troïka au nom de sa doxa ultralibérale. Si elle s'est partiellement améliorée c'est aussi parce que le gouvernement socialiste sortant, sous pression du Bloc de gauche et du PCP, a su faire des concessions sociales et répondre positivement à quelques unes des aspirations populaires.
Le Parti socialiste en recueille les fruits : malgré une forte abstention (45,5%), avec 36,5% des voix il remporte une victoire sans équivalent en Europe. Le Bloc de gauche avec 9,3% des voix conserve ses 19 députés, et malgré une légère érosion (il passe de 550 000 voix à 492 000) il confirme sa position de 3ème parti du pays. Le PCP avec 6,40% des voix subit un recul mais conserve 12 députés.
Les conditions semblent réunies pour que soit poursuivie une politique qui n'ignore pas les intérêts de la population.  Catarina Martins porte parole du Bloc de gauche a  indiqué que son parti  était prêt à négocier avec le PS pour assurer une majorité parlementaire stable en rappelant les conditions posées pour un tel soutien : « La défense de celles et ceux qui vivent de leur travail, contre les exigences de la Troïka, la défense du droit du travail, la lutte contre la précarité, la défense des retraites, le sauvetage du service national de santé, le renforcement de l’investissement public pour faire face à la crise du logement, l’amélioration des transports en commun et l’urgence climatique ».
En France et en Europe, à gauche,  on doit se féliciter des résultats électoraux des gauches portugaises. Et soutenir les exigences politiques portées par le Bloc de gauche.

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Article

(10/10/2019 16:16)

Manifestation d'Alliance devant le siège de la FI 

Alliance a appelé à manifester devant le siège de la France Insoumise, pour montrer son désaccord avec les positions du groupe parlementaire FI à propos des questions de sécurité et des violences policières. Il s’agit là d’une tentative d’intimidation et de pression contre un mouvement politique jamais vue ces dernières années. Le Ministre de l’Intérieur n’aurait pas dû le permettre.

ENSEMBLE, Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire, condamne cette manifestation, qui est une provocation de l’extrême droite policière. En s’attaquant à la France Insoumise, c’est à toute la gauche, à tous les démocrates qu’Alliance s’attaque. Ensemble appelle les organisations démocratiques à se mobiliser contre cette offensive dangereuse pour les libertés.

Type: 
Article

Manifestation d'Alliance devant le siège de la FI 

Alliance a appelé à manifester devant le siège de la France Insoumise, pour montrer son désaccord avec les positions du groupe parlementaire FI à propos des questions de sécurité et des violences policières. Il s’agit là d’une tentative d’intimidation et de pression contre un mouvement politique jamais vue ces dernières années. Le Ministre de l’Intérieur n’aurait pas dû le permettre.

ENSEMBLE, Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire, condamne cette manifestation, qui est une provocation de l’extrême droite policière. En s’attaquant à la France Insoumise, c’est à toute la gauche, à tous les démocrates qu’Alliance s’attaque. Ensemble appelle les organisations démocratiques à se mobiliser contre cette offensive dangereuse pour les libertés.

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Article

(26/09/2019 14:57)

L’indépendance de l’Ecosse se rapproche 

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance.

La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume -Uni.

Lors du référendum sur l’indépendance, en 2014, les Ecossais ont voté à 55% (contre 45%) pour rester au sein du Royaume-Uni. Mais ce vote a été acquis sur la base d’une double promesse solennelle des Conservateurs, des Travaillistes et des Libéraux Démocrates selon laquelle c’était le seul moyen garantissant le maintien dans l’Union Européenne et qu’à l’avenir de nouveaux droits seraient transférés au Parlement écossais. Au cours de la campagne référendaire de 2014, le soutien à l’indépendance est passé de 24 à 45% ; ce mouvement vers l’indépendance est irrésistible au sein de la classe ouvrière et des jeunes influencés par la Campagne Radicale pour l’Indépendance.

Lors du référendum sur l’Union européenne, l’Ecosse a voté massivement pour le maintien dans l’UE. Le gouvernement britannique n’a pas seulement ignoré cette volonté populaire, il a également refusé toute avancée dans la dévolution.

Un nouveau mouvement en faveur de l’indépendance s’est développé pour exiger un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, dont de récents sondages indiquent qu’elle sera mise en œuvre si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne et si le règne des Conservateurs perdure. De façon écrasante, à plus de 70%, les jeunes sont pour l’indépendance. Ceux qui sont âgés de 16 à 18 ans ont le droit de vote pour les scrutins écossais et il existe des propositions progressistes visant à étendre les droits civiques au-delà des citoyens de l’Union Européenne aux autres nationalités. Le Parlement écossais a adopté une résolution législative prévoyant l’organisation d’un nouveau référendum ; un mouvement de masse se construit à travers des manifestations imposantes qui vont culminer le 5 octobre prochain lors d’une marche sur Edinburgh. L’an dernier déjà, une marche similaire essentiellement composée de membres de la classe ouvrière avait rassemblé 100.000 écossais pour revendiquer l’indépendance.

L’augmentation du soutien à l’indépendance s’est reflétée par la croissance du vote en faveur du Parti national écossais (SNP), un parti social-démocrate modéré qui est devenu le parti dominant en Ecosse. En 2015, le SNP a remporté une victoire historique en gagnant 56 des 59 sièges au Parlement britannique. Il était inévitable qu’il connaisse un recul lors des élections générales anticipées de 2017 ; mais le SNP a néanmoins conservé 35 sièges et sa position hégémonique sur la scène politique écossaise, bien qu’il soit le parti au pouvoir depuis 10 ans, dans le cadre d’un Parlement doté de pouvoirs importants.

Les treize députés écossais du Parti conservateur ont joué un rôle bien plus important que le DUP dans le soutien à Theresa May ; mais il est probable qu’ils ne durent pas très longtemps.  Les sondages actuels indiquent que le SNP remporterait plus de 50 sièges – grâce, notamment, au scrutin uninominal à un tour – alors que les Conservateurs et les Travaillistes connaîtraient une quasi-disparition parlementaire. Aujourd’hui, il est très difficile de se souvenir qu’en 1955 les Conservateurs étaient majoritaires en Ecosse. La démission de Ruth Davidson de son poste de porte-parole des Conservateurs écossais en protestation contre la direction de Boris Johnson constitue un nouveau coup dur. Cela réduit d’autant le réservoir de talents des Conservateurs. Mais, plus important encore, en tant que lesbienne de la classe ouvrière, Davidson avait en quelque sorte franchi une première étape dans le processus de reconstitution du parti conservateur comme le second parti écossais, au-delà de sa base réactionnaire traditionnelle, dépassant ainsi le parti travailliste dans un pays qui, de manière écrasante, respecte des normes sociales progressistes et modernes. En dépit de ses prétentions à être le « Ministre de l’Union », Boris Johnson s’avère toxique pour les Conservateurs dans une Ecosse moderne.

Le Parti travailliste écossais n’est que l’ombre de ce qu’il est en Angleterre. Il regroupe six fois moins d’adhérents que le SNP et c’est le seul secteur du Parti travailliste dont les membres ont voté contre Jeremy Corbyn lors du scrutin pour désigner le leader. Le nombre d’adhésions n’a pas réussi à progresser et l’électorat est tombé en dessous de 20%, alors qu’il était le parti dominant depuis des décennies. Lors des dernières élections européennes, il est tombé au cinquième rang des parti écossais et au sixième dans la capitale de l’Ecosse. La raison de tout cela n’a rien de mystérieux : le parti travailliste écossais ne s’oppose pas seulement à l’indépendance de l’Ecosse mais aussi à la simple tenue d’un référendum. Depuis longtemps, la majorité des militant de gauche et des électeurs ont abandonné le Parti travailliste écossais pour soutenir l’indépendance de l’Ecosse et malgré l’élection très serrée comme leader du Parti travailliste écossais de Richard Leonard – un soutien de Jeremy Corbyn – dans un scrutin qui l’opposait à un milliardaire de l’aile droite, le Parti travailliste écossais continue d’apparaitre comme un perdant, inutile à la classe ouvrière écossaise.

Le SNP n’est pas un parti qui lutte pour le socialisme. Il a un passif en tant que parti de gouvernement et le rapport récent de la Commission sur la croissance conduirait l’Ecosse vers une nouvelle période d’austérité. Malgré son affichage de marqueurs écologistes, ce rapport soutient les industries du pétrol, des combustibles fossiles et de l’aéronautique, ce pour quoi il a été vertement critiqué par les animateurs des campagnes pour la sauvegarde de l’environnement. Le soutien du SNP à l’Union européenne et à ses politiques néolibérales est un soutien inconditionnel, uniquement pondéré par une critique quasi muette du comportement passé de l’Union européenne vis-à-vis de la Grèce et du soutien manifestement anti-démocratique de l’UE aux attaques contre le mouvement pour l’indépendance de la Catalogne. Mais, en dépit de cette approche prudente, le SNP s’est opposé depuis le début au Brexit, en symbiose avec l’opinion majoritaire en Ecosse. Il semble prêt à en récolter les fruits en termes de majorité électorale au sein de la classe ouvrière lors des prochaines élections générales.

John Mac Donnell, du Parti travailliste, a récemment affirmé – à juste titre – que c’était entièrement du ressort du Parlement écossais de décider s’il devait y avoir un nouveau référendum sur l’indépendance. La direction du Parti travailliste écossais a immédiatement protesté et tenté de noyer cette initiative de manière anti-démocratique. En fait, le parti travailliste écossais et le parti travailliste au niveau du Royaume-Uni continuent à se dresser contre l‘indépendance et ils vont en payer un prix élevé sur le plan électoral, lorsque leurs électeurs vont migrer vers le SNP.

La plupart des gens qui soutiennent l’indépendance de l’Ecosse ne le font pas au nom d’une vision étroitement nationaliste. Ils soutiennent des idées progressistes sur la liberté de circulation et l’ouverture des frontières. En Ecosse, les migrants sont les bienvenus ! Les grèves lycéennes contre le changement climatique bénéficient d’un soutien à travers tout le pays.

Pour la grande majorité de la gauche en Ecosse – y compris les partisans de Socialist Resistance – l’indépendance de l’Ecosse ouvre la possibilité de débarrasser le pays de la férule arriérée des Conservateurs de Londres et de construire une politique de luttes de classes, de solidarité, d’action en faveur de l’écologie et de soutien à la liberté de circulation. Même s’il n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à ses débuts et s’il doit renouveler sa direction et sa tactique politique, le Parti socialiste écossais (SSP) continue néanmoins à construire ce combat. De nouvelles mobilisations et de nouveaux mouvements sociaux émergent, à propos du changement climatique et de la crise écologique, pour la solidarité internationale et contre la xénophobie. Une sensibilité écosocialiste a émergé au sein du Parti Vert écossais. Il y a des militants authentiquement de gauche au Parti national écossais et (quelques-uns) au sein du Parti travailliste. Une gauche radicale et unie n’est plus un rêve !

C’est une nouvelle étape de la lutte pour une Ecosse indépendante et socialiste qui s’ouvre.

Mike Piken. Traduction François Coustal. Article publié le 12/09/2019 sur le site de Socialist Resistance

http://socialistresistance.org/scottish-independence-grows-nearer/18013

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Article

L’indépendance de l’Ecosse se rapproche 

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance.

La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume -Uni.

Lors du référendum sur l’indépendance, en 2014, les Ecossais ont voté à 55% (contre 45%) pour rester au sein du Royaume-Uni. Mais ce vote a été acquis sur la base d’une double promesse solennelle des Conservateurs, des Travaillistes et des Libéraux Démocrates selon laquelle c’était le seul moyen garantissant le maintien dans l’Union Européenne et qu’à l’avenir de nouveaux droits seraient transférés au Parlement écossais. Au cours de la campagne référendaire de 2014, le soutien à l’indépendance est passé de 24 à 45% ; ce mouvement vers l’indépendance est irrésistible au sein de la classe ouvrière et des jeunes influencés par la Campagne Radicale pour l’Indépendance.

Lors du référendum sur l’Union européenne, l’Ecosse a voté massivement pour le maintien dans l’UE. Le gouvernement britannique n’a pas seulement ignoré cette volonté populaire, il a également refusé toute avancée dans la dévolution.

Un nouveau mouvement en faveur de l’indépendance s’est développé pour exiger un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, dont de récents sondages indiquent qu’elle sera mise en œuvre si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne et si le règne des Conservateurs perdure. De façon écrasante, à plus de 70%, les jeunes sont pour l’indépendance. Ceux qui sont âgés de 16 à 18 ans ont le droit de vote pour les scrutins écossais et il existe des propositions progressistes visant à étendre les droits civiques au-delà des citoyens de l’Union Européenne aux autres nationalités. Le Parlement écossais a adopté une résolution législative prévoyant l’organisation d’un nouveau référendum ; un mouvement de masse se construit à travers des manifestations imposantes qui vont culminer le 5 octobre prochain lors d’une marche sur Edinburgh. L’an dernier déjà, une marche similaire essentiellement composée de membres de la classe ouvrière avait rassemblé 100.000 écossais pour revendiquer l’indépendance.

L’augmentation du soutien à l’indépendance s’est reflétée par la croissance du vote en faveur du Parti national écossais (SNP), un parti social-démocrate modéré qui est devenu le parti dominant en Ecosse. En 2015, le SNP a remporté une victoire historique en gagnant 56 des 59 sièges au Parlement britannique. Il était inévitable qu’il connaisse un recul lors des élections générales anticipées de 2017 ; mais le SNP a néanmoins conservé 35 sièges et sa position hégémonique sur la scène politique écossaise, bien qu’il soit le parti au pouvoir depuis 10 ans, dans le cadre d’un Parlement doté de pouvoirs importants.

Les treize députés écossais du Parti conservateur ont joué un rôle bien plus important que le DUP dans le soutien à Theresa May ; mais il est probable qu’ils ne durent pas très longtemps.  Les sondages actuels indiquent que le SNP remporterait plus de 50 sièges – grâce, notamment, au scrutin uninominal à un tour – alors que les Conservateurs et les Travaillistes connaîtraient une quasi-disparition parlementaire. Aujourd’hui, il est très difficile de se souvenir qu’en 1955 les Conservateurs étaient majoritaires en Ecosse. La démission de Ruth Davidson de son poste de porte-parole des Conservateurs écossais en protestation contre la direction de Boris Johnson constitue un nouveau coup dur. Cela réduit d’autant le réservoir de talents des Conservateurs. Mais, plus important encore, en tant que lesbienne de la classe ouvrière, Davidson avait en quelque sorte franchi une première étape dans le processus de reconstitution du parti conservateur comme le second parti écossais, au-delà de sa base réactionnaire traditionnelle, dépassant ainsi le parti travailliste dans un pays qui, de manière écrasante, respecte des normes sociales progressistes et modernes. En dépit de ses prétentions à être le « Ministre de l’Union », Boris Johnson s’avère toxique pour les Conservateurs dans une Ecosse moderne.

Le Parti travailliste écossais n’est que l’ombre de ce qu’il est en Angleterre. Il regroupe six fois moins d’adhérents que le SNP et c’est le seul secteur du Parti travailliste dont les membres ont voté contre Jeremy Corbyn lors du scrutin pour désigner le leader. Le nombre d’adhésions n’a pas réussi à progresser et l’électorat est tombé en dessous de 20%, alors qu’il était le parti dominant depuis des décennies. Lors des dernières élections européennes, il est tombé au cinquième rang des parti écossais et au sixième dans la capitale de l’Ecosse. La raison de tout cela n’a rien de mystérieux : le parti travailliste écossais ne s’oppose pas seulement à l’indépendance de l’Ecosse mais aussi à la simple tenue d’un référendum. Depuis longtemps, la majorité des militant de gauche et des électeurs ont abandonné le Parti travailliste écossais pour soutenir l’indépendance de l’Ecosse et malgré l’élection très serrée comme leader du Parti travailliste écossais de Richard Leonard – un soutien de Jeremy Corbyn – dans un scrutin qui l’opposait à un milliardaire de l’aile droite, le Parti travailliste écossais continue d’apparaitre comme un perdant, inutile à la classe ouvrière écossaise.

Le SNP n’est pas un parti qui lutte pour le socialisme. Il a un passif en tant que parti de gouvernement et le rapport récent de la Commission sur la croissance conduirait l’Ecosse vers une nouvelle période d’austérité. Malgré son affichage de marqueurs écologistes, ce rapport soutient les industries du pétrol, des combustibles fossiles et de l’aéronautique, ce pour quoi il a été vertement critiqué par les animateurs des campagnes pour la sauvegarde de l’environnement. Le soutien du SNP à l’Union européenne et à ses politiques néolibérales est un soutien inconditionnel, uniquement pondéré par une critique quasi muette du comportement passé de l’Union européenne vis-à-vis de la Grèce et du soutien manifestement anti-démocratique de l’UE aux attaques contre le mouvement pour l’indépendance de la Catalogne. Mais, en dépit de cette approche prudente, le SNP s’est opposé depuis le début au Brexit, en symbiose avec l’opinion majoritaire en Ecosse. Il semble prêt à en récolter les fruits en termes de majorité électorale au sein de la classe ouvrière lors des prochaines élections générales.

John Mac Donnell, du Parti travailliste, a récemment affirmé – à juste titre – que c’était entièrement du ressort du Parlement écossais de décider s’il devait y avoir un nouveau référendum sur l’indépendance. La direction du Parti travailliste écossais a immédiatement protesté et tenté de noyer cette initiative de manière anti-démocratique. En fait, le parti travailliste écossais et le parti travailliste au niveau du Royaume-Uni continuent à se dresser contre l‘indépendance et ils vont en payer un prix élevé sur le plan électoral, lorsque leurs électeurs vont migrer vers le SNP.

La plupart des gens qui soutiennent l’indépendance de l’Ecosse ne le font pas au nom d’une vision étroitement nationaliste. Ils soutiennent des idées progressistes sur la liberté de circulation et l’ouverture des frontières. En Ecosse, les migrants sont les bienvenus ! Les grèves lycéennes contre le changement climatique bénéficient d’un soutien à travers tout le pays.

Pour la grande majorité de la gauche en Ecosse – y compris les partisans de Socialist Resistance – l’indépendance de l’Ecosse ouvre la possibilité de débarrasser le pays de la férule arriérée des Conservateurs de Londres et de construire une politique de luttes de classes, de solidarité, d’action en faveur de l’écologie et de soutien à la liberté de circulation. Même s’il n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à ses débuts et s’il doit renouveler sa direction et sa tactique politique, le Parti socialiste écossais (SSP) continue néanmoins à construire ce combat. De nouvelles mobilisations et de nouveaux mouvements sociaux émergent, à propos du changement climatique et de la crise écologique, pour la solidarité internationale et contre la xénophobie. Une sensibilité écosocialiste a émergé au sein du Parti Vert écossais. Il y a des militants authentiquement de gauche au Parti national écossais et (quelques-uns) au sein du Parti travailliste. Une gauche radicale et unie n’est plus un rêve !

C’est une nouvelle étape de la lutte pour une Ecosse indépendante et socialiste qui s’ouvre.

Mike Piken. Traduction François Coustal. Article publié le 12/09/2019 sur le site de Socialist Resistance

http://socialistresistance.org/scottish-independence-grows-nearer/18013

Type: 
Article

(26/09/2019 11:52)

Construire une Alliance contre Macron et son monde 

Résolution adoptée par le Collectif national  d'Ensemble le 22 septembre 2019

1- Le pouvoir Macron est conscient de sa fragilité
L’insistance de Macron sur un « acte 2 » du quinquennat révèle, au-delà de la communication, une certaine lucidité sur la fragilité du système de pouvoir. Celui-ci doit sa résilience à l’absence d’une alternative de gauche et écologiste. Et aussi dans les difficultés du mouvement syndical et social à s’unir nationalement et formuler des projets convergents.

Conscient des difficultés, Macron a décidé de bouleverser son calendrier en remettant au centre du débat public la question générale de « l’immigration », et d’installer un duel mortifère Macron-Le Pen en prévision de 2022, forçant cyniquement toutes les forces politiques, de gauche comme de droite, à se positionner. Ce choix qui veut faire à nouveau de la question de l’immigration et des migrants une question identitaire, peut avoir des effets délétères très graves si une riposte politique ne parvient pas à le combattre.

La situation appelle donc à un véritable « sursaut » pour riposter à cette stratégie globale, avec des cadres collectifs pour l’action, pour relever les défis à gauche et dans l’écologie politique, pour la formulation des projets, pour faire vivre l’aspiration démocratique très forte.

2- Construire une Alliance pour l’action

Depuis fin 2018, et au printemps 2019, les mobilisations des Gilets jaunes, doublées des mobilisations sur le climat, ont bouleversé la situation. S’y ajoute la portée universelle du mouvement féministe ravivé mondialement. Ces luttes bouleversent les méthodes du mouvement syndical ou des associations, les répertoires d’action jusqu’ici en vigueur.

a) Une perspective d’Alliance des forces de lutte est nécessaire, tout en respectant l’indépendance de chaque mouvement. Les Gilets jaunes, les syndicats, les collectifs écologistes, les mouvements féministes et antiracistes, peuvent se soutenir mutuellement, voire définir des moments communs avec des plates-formes discutées.  Une sorte de Forum des luttes pourrait être envisagé.

b) Les Gilets jaunes : le mouvement peut se pérenniser autour d’un approfondissement de son enracinement local, de son organisation démocratique, avec un processus confirmé d’assemblées locales et nationales, et l’adoption d’exigences précises et partagées.

c) Le mouvement écologiste peut progresser dans deux directions :

- La mise en place d’un cadre démocratique et transparent pour les décisions d’action ;
- L’élaboration de mesures d’urgences précises, dans une sorte de « plan » d’action articulant le social et l’écologique.

La situation nécessite aussi de prendre position sur la mise en place, suite au « grand débat »,  d’une Assemblée par tirage au sort. Cette expérience, malgré ses ambiguïtés, mérite un débat sérieux sur la question démocratique.

d)  Mouvement féministe :

- Dans la préparation des dates de lutte (l’échéance traditionnelle du 25 novembre aura lieu en France le samedi 23 novembre), notamment sur les violences et les féminicides, il convient de mettre en avant des exigences de services publics du logement et de centres d’hébergement de femmes en détresse et menacées ;

- Dès maintenant, la préparation du 8 mars 2020 a démarré (qui tombe un dimanche), regroupant toutes les associations et syndicats dans un cadre commun, et un appel à construire partout des collectifs locaux de préparation.

e) Le syndicalisme est à la croisée des chemins. Il y a une nécessité vitale de sortir des sentiers battus, de prendre des initiatives montrant une volonté d’unité, de lien avec tous les mouvements sociaux, et de rassemblement structurel permanent des syndicats défendant une approche convergente (CGT, Solidaires, FSU, FO…). Il en va de son avenir.

e) Mouvement pour l’accueil des migrants, mouvement antiraciste. La poursuite des mouvements de migrations (guerres, crises sociales) et la décision de Macron de faire de « l’immigration » une question centrale (avec des menaces immédiates sur l’AME) doit renforcer notre activité dans les collectifs de solidarité. D’autant plus qu’il existe dans la population une disponibilité confirmée à agir pour un accueil digne dans des cadres d’auto-organisation, alors que les exilés continuent à arriver. Deux procès des personnes solidaires sont en cours (2 et 24 octobre à Grenoble). A noter (et à commander) la brochure très complète sur les droits qui vient d’être éditée par Ensemble ! : « De l’air ! Ouvrez les frontières ! ».

Par ailleurs, un front commun des mouvements antiracistes est plus que jamais nécessaire (cf : le document d’orientation générale adopté par Ensemble !). L'amorce d'auto-organisation dans les quartiers populaires et les banlieues (cf : l'affirmation du comité Adama) sont également à prendre en compte et à soutenir.

f)  Les thèmes d’actions, les propositions :

* Imposer le référendum contre la privatisation d’ADP :  La campagne peut être victorieuse autour de l’idée : c’est à la population de décider souverainement.  Il convient de rendre le plus visible possible le collectif unitaire national, et de démultiplier les initiatives militantes pour aller chercher les signatures en accompagnant toutes les luttes sociales et toutes les occasions de rassemblement populaires. Et ainsi de combiner sans tension les initiatives parlementaires incluant des forces de droite et des initiatives indépendantes situées dans le camp de la gauche et du syndicalisme.

* Les retraites : un défi stratégique

L’extension du délai de « concertation », et une certaine hésitation dans le dispositif gouvernemental (âge pivot…) pourraient ouvrir des brèches pour agir.

Pour être victorieuse ou faire reculer le pouvoir la riposte nécessite :

- de faire de cette question un enjeu de société, politique au plein sens du terme, contre la retraite par points, contre l’allongement de durée de cotisation : réseaux sociaux, débats publics, appels, propositions communes de forces de gauche et écologistes. Dans cette optique, Ensemble adressera une lettre de propositions aux forces politiques.

- de rendre visible un contre-projet basé sur la socialisation du salaire, la garantie d’un taux de remplacement élevé (prestation définie), l’égalité professionnelle et salariale femmes/homme, et des pas en avant vers un régime général unifié vers le haut, alternative à l’universalisation libérale de Macron.

- de s’appuyer sur les mobilisations professionnelles déjà en cours (RATP…).

- d’être en capacité de cibler quelques mesures autour desquelles la lutte globale peut s’unifier : par exemple un taux de remplacement élevé et garanti, l’égalité salariale femmes/hommes, etc.

* Les droits des chômeurs : Pour empêcher leur isolement interprofessionnel, il faut faire en sorte que la question des droits des chômeurs et celle des retraites convergent. A certains égards, les problématiques sont les mêmes : une sécurité sociale universelle. Il convient donc de rester actif dans les Collectifs Unédic, nationalement et localement. Et là aussi de rendre visibles des mesures alternatives autour du droit à l’indemnisation par le salaire de toutes les formes de chômage.  

* Services publics : alors que des luttes se développent (urgences hospitalières et santé, ADP, EDF, finances publiques, trésoreries et zones rurales, poste), nous confirmons notre activité suivie au sein de la Convergence nationale de défense des services publics et de ses collectifs locaux, qui a lancé au printemps 2019 une campagne nationale prolongée.

* Répression, droits démocratiques : face à un Etat de plus en plus autoritaire, violent et répressif, ce qui est consubstantiel au néolibéralisme, il convient de favoriser la mise en place d’un cadre national social et politique pour le respect des libertés démocratiques et l’interdiction des armes létales de la police.

* Exigences démocratiques : élaborer une réponse à l’exigence démocratique puissante par un corps de propositions articulant la démocratie issue de l’auto-organisation sociale et la démocratie politique active.

3- Le rôle des forces politiques dans la construction d’une alternative :

La construction d’une alternative majoritaire pour l’émancipation devra combiner les propositions politiques venant des acteurs-trices sociaux et citoyens et celles venant des forces politiques organisées. La responsabilité propre des organisations politiques n'en est que plus grande.

Il est indispensable que les débats stratégiques nécessaires ne débouchent pas sur des concurrences exacerbées, des refus de fronts communs (y compris lors d’échéances électorales) dès lors que des convergences se constatent souvent dans les luttes.

La question-clef qui détermine les alliances durables entre organisations politiques demeure l’acceptation ou le refus actif des politiques libérales ou social-libérales, et leurs déclinaisons écologiques.

Il convient pour Ensemble ! d’œuvrer à la mise en place de cadres démocratiques communs d’élaboration et d’action, de propositions communes coconstruites entre les courants politiques et des forces sociales et citoyennes (et non pas des cartels), à la suite des « appels » divers (Big Bang, Convergeons, Sursaut, appels de syndicalistes…). Cette politique comporte une dimension nationale, mais se décline partout sur les territoires.

4-Initiatives propres d’Ensemble :

- Réussir l’Université d’automne 2019.

- Progresser dans l’élaboration des commissions thématiques, dans la mise à disposition de moyens de communication : tracts ou autocollants.

- Organisation d’une journée d’étude sur retraites et assurance-chômage : proposition le 12 octobre. L’objectif est d’éditer un bulletin.

- Préciser un plan national de priorités et de mesures sur le climat et la biodiversité (à discuter avec la commission écologiste). 

- Une journée d’étude sur la situation internationale (à discuter avec la commission internationale) et confirmation du voyage d’une délégation nationale d’Ensemble en Algérie dans les prochains jours.

- Suivi du travail européen de participation au PGE.

- Elaborer des propositions pour une rupture démocratique : renforcement de l’activité du groupe de travail, notamment en prévision de l’Assemblée générale d’Ensemble.

Type: 
Article

Construire une Alliance contre Macron et son monde 

Résolution adoptée par le Collectif national  d'Ensemble le 22 septembre 2019

1- Le pouvoir Macron est conscient de sa fragilité
L’insistance de Macron sur un « acte 2 » du quinquennat révèle, au-delà de la communication, une certaine lucidité sur la fragilité du système de pouvoir. Celui-ci doit sa résilience à l’absence d’une alternative de gauche et écologiste. Et aussi dans les difficultés du mouvement syndical et social à s’unir nationalement et formuler des projets convergents.

Conscient des difficultés, Macron a décidé de bouleverser son calendrier en remettant au centre du débat public la question générale de « l’immigration », et d’installer un duel mortifère Macron-Le Pen en prévision de 2022, forçant cyniquement toutes les forces politiques, de gauche comme de droite, à se positionner. Ce choix qui veut faire à nouveau de la question de l’immigration et des migrants une question identitaire, peut avoir des effets délétères très graves si une riposte politique ne parvient pas à le combattre.

La situation appelle donc à un véritable « sursaut » pour riposter à cette stratégie globale, avec des cadres collectifs pour l’action, pour relever les défis à gauche et dans l’écologie politique, pour la formulation des projets, pour faire vivre l’aspiration démocratique très forte.

2- Construire une Alliance pour l’action

Depuis fin 2018, et au printemps 2019, les mobilisations des Gilets jaunes, doublées des mobilisations sur le climat, ont bouleversé la situation. S’y ajoute la portée universelle du mouvement féministe ravivé mondialement. Ces luttes bouleversent les méthodes du mouvement syndical ou des associations, les répertoires d’action jusqu’ici en vigueur.

a) Une perspective d’Alliance des forces de lutte est nécessaire, tout en respectant l’indépendance de chaque mouvement. Les Gilets jaunes, les syndicats, les collectifs écologistes, les mouvements féministes et antiracistes, peuvent se soutenir mutuellement, voire définir des moments communs avec des plates-formes discutées.  Une sorte de Forum des luttes pourrait être envisagé.

b) Les Gilets jaunes : le mouvement peut se pérenniser autour d’un approfondissement de son enracinement local, de son organisation démocratique, avec un processus confirmé d’assemblées locales et nationales, et l’adoption d’exigences précises et partagées.

c) Le mouvement écologiste peut progresser dans deux directions :

- La mise en place d’un cadre démocratique et transparent pour les décisions d’action ;
- L’élaboration de mesures d’urgences précises, dans une sorte de « plan » d’action articulant le social et l’écologique.

La situation nécessite aussi de prendre position sur la mise en place, suite au « grand débat »,  d’une Assemblée par tirage au sort. Cette expérience, malgré ses ambiguïtés, mérite un débat sérieux sur la question démocratique.

d)  Mouvement féministe :

- Dans la préparation des dates de lutte (l’échéance traditionnelle du 25 novembre aura lieu en France le samedi 23 novembre), notamment sur les violences et les féminicides, il convient de mettre en avant des exigences de services publics du logement et de centres d’hébergement de femmes en détresse et menacées ;

- Dès maintenant, la préparation du 8 mars 2020 a démarré (qui tombe un dimanche), regroupant toutes les associations et syndicats dans un cadre commun, et un appel à construire partout des collectifs locaux de préparation.

e) Le syndicalisme est à la croisée des chemins. Il y a une nécessité vitale de sortir des sentiers battus, de prendre des initiatives montrant une volonté d’unité, de lien avec tous les mouvements sociaux, et de rassemblement structurel permanent des syndicats défendant une approche convergente (CGT, Solidaires, FSU, FO…). Il en va de son avenir.

e) Mouvement pour l’accueil des migrants, mouvement antiraciste. La poursuite des mouvements de migrations (guerres, crises sociales) et la décision de Macron de faire de « l’immigration » une question centrale (avec des menaces immédiates sur l’AME) doit renforcer notre activité dans les collectifs de solidarité. D’autant plus qu’il existe dans la population une disponibilité confirmée à agir pour un accueil digne dans des cadres d’auto-organisation, alors que les exilés continuent à arriver. Deux procès des personnes solidaires sont en cours (2 et 24 octobre à Grenoble). A noter (et à commander) la brochure très complète sur les droits qui vient d’être éditée par Ensemble ! : « De l’air ! Ouvrez les frontières ! ».

Par ailleurs, un front commun des mouvements antiracistes est plus que jamais nécessaire (cf : le document d’orientation générale adopté par Ensemble !). L'amorce d'auto-organisation dans les quartiers populaires et les banlieues (cf : l'affirmation du comité Adama) sont également à prendre en compte et à soutenir.

f)  Les thèmes d’actions, les propositions :

* Imposer le référendum contre la privatisation d’ADP :  La campagne peut être victorieuse autour de l’idée : c’est à la population de décider souverainement.  Il convient de rendre le plus visible possible le collectif unitaire national, et de démultiplier les initiatives militantes pour aller chercher les signatures en accompagnant toutes les luttes sociales et toutes les occasions de rassemblement populaires. Et ainsi de combiner sans tension les initiatives parlementaires incluant des forces de droite et des initiatives indépendantes situées dans le camp de la gauche et du syndicalisme.

* Les retraites : un défi stratégique

L’extension du délai de « concertation », et une certaine hésitation dans le dispositif gouvernemental (âge pivot…) pourraient ouvrir des brèches pour agir.

Pour être victorieuse ou faire reculer le pouvoir la riposte nécessite :

- de faire de cette question un enjeu de société, politique au plein sens du terme, contre la retraite par points, contre l’allongement de durée de cotisation : réseaux sociaux, débats publics, appels, propositions communes de forces de gauche et écologistes. Dans cette optique, Ensemble adressera une lettre de propositions aux forces politiques.

- de rendre visible un contre-projet basé sur la socialisation du salaire, la garantie d’un taux de remplacement élevé (prestation définie), l’égalité professionnelle et salariale femmes/homme, et des pas en avant vers un régime général unifié vers le haut, alternative à l’universalisation libérale de Macron.

- de s’appuyer sur les mobilisations professionnelles déjà en cours (RATP…).

- d’être en capacité de cibler quelques mesures autour desquelles la lutte globale peut s’unifier : par exemple un taux de remplacement élevé et garanti, l’égalité salariale femmes/hommes, etc.

* Les droits des chômeurs : Pour empêcher leur isolement interprofessionnel, il faut faire en sorte que la question des droits des chômeurs et celle des retraites convergent. A certains égards, les problématiques sont les mêmes : une sécurité sociale universelle. Il convient donc de rester actif dans les Collectifs Unédic, nationalement et localement. Et là aussi de rendre visibles des mesures alternatives autour du droit à l’indemnisation par le salaire de toutes les formes de chômage.  

* Services publics : alors que des luttes se développent (urgences hospitalières et santé, ADP, EDF, finances publiques, trésoreries et zones rurales, poste), nous confirmons notre activité suivie au sein de la Convergence nationale de défense des services publics et de ses collectifs locaux, qui a lancé au printemps 2019 une campagne nationale prolongée.

* Répression, droits démocratiques : face à un Etat de plus en plus autoritaire, violent et répressif, ce qui est consubstantiel au néolibéralisme, il convient de favoriser la mise en place d’un cadre national social et politique pour le respect des libertés démocratiques et l’interdiction des armes létales de la police.

* Exigences démocratiques : élaborer une réponse à l’exigence démocratique puissante par un corps de propositions articulant la démocratie issue de l’auto-organisation sociale et la démocratie politique active.

3- Le rôle des forces politiques dans la construction d’une alternative :

La construction d’une alternative majoritaire pour l’émancipation devra combiner les propositions politiques venant des acteurs-trices sociaux et citoyens et celles venant des forces politiques organisées. La responsabilité propre des organisations politiques n'en est que plus grande.

Il est indispensable que les débats stratégiques nécessaires ne débouchent pas sur des concurrences exacerbées, des refus de fronts communs (y compris lors d’échéances électorales) dès lors que des convergences se constatent souvent dans les luttes.

La question-clef qui détermine les alliances durables entre organisations politiques demeure l’acceptation ou le refus actif des politiques libérales ou social-libérales, et leurs déclinaisons écologiques.

Il convient pour Ensemble ! d’œuvrer à la mise en place de cadres démocratiques communs d’élaboration et d’action, de propositions communes coconstruites entre les courants politiques et des forces sociales et citoyennes (et non pas des cartels), à la suite des « appels » divers (Big Bang, Convergeons, Sursaut, appels de syndicalistes…). Cette politique comporte une dimension nationale, mais se décline partout sur les territoires.

4-Initiatives propres d’Ensemble :

- Réussir l’Université d’automne 2019.

- Progresser dans l’élaboration des commissions thématiques, dans la mise à disposition de moyens de communication : tracts ou autocollants.

- Organisation d’une journée d’étude sur retraites et assurance-chômage : proposition le 12 octobre. L’objectif est d’éditer un bulletin.

- Préciser un plan national de priorités et de mesures sur le climat et la biodiversité (à discuter avec la commission écologiste). 

- Une journée d’étude sur la situation internationale (à discuter avec la commission internationale) et confirmation du voyage d’une délégation nationale d’Ensemble en Algérie dans les prochains jours.

- Suivi du travail européen de participation au PGE.

- Elaborer des propositions pour une rupture démocratique : renforcement de l’activité du groupe de travail, notamment en prévision de l’Assemblée générale d’Ensemble.

Type: 
Article

(26/09/2019 11:35)

Municipales 2020 : orientation d'Ensemble 

Texte d'orientation d'Ensemble pour les élections municipales 2020

1- Une plate-forme pour les municipales doit être élaborée avec le souci de refléter les mobilisations locales et les axes des différentes forces avec lesquelles nous travaillons, associations et collectifs citoyens, syndicats, forces politiques. Les thématiques principales à défendre sont à relier aux mobilisations sociales et écologiques en cours : hôpitaux, déserts médicaux, santé, qualité de l'air, pollutions, éducation, luttes des femmes, poste, petites lignes et gares chemin de fer, solidarité avec les migrantes et les migrants... Contre l'étouffement de la démocratie communale, il s'agit d'opposer une logique municipaliste telle que l'expriment les "villes rebelles" de l'Etat espagnol.

Ces élections municipales vont poser à l’échelle nationale et dans chaque métropole, agglomération, communauté de communes et commune la question de la démocratie dans le fonctionnement des collectivités locales.

L'échelon communal est attaqué par la droite libérale et les sociaux-libéraux. La loi Notre, votée sous le gouvernement Hollande, dépossède les communes de leurs prérogatives et de leurs ressources. Elle éloigne des citoyens et citoyennes des centres de décision qui sont délégués à des institutions non élues et non démocratiques.

Pourtant la commune reste souvent par sa proximité avec les citoyens et les citoyennes un lieu de résistance aux politiques antisociales et autoritaires. Nous défendons une réelle démocratie locale et une politique de coopération et de solidarité face aux logiques de concurrences métropolitaines mises en oeuvre dans l'Union européenne.

Cette plate-forme doit également expliquer pour quelles raisons nous participons à ces élections et ce que doit être selon nous le rôle des élus et des élues.

2- Les axes politiques répondant aux enjeux de la situation.

Macron veut poursuivre la restructuration du champ politique par la conquête de positions municipales, en particulier dans les grandes métropoles, en perspective des autres élections à venir et avec en ligne de mire la présidentielle de 2022. Cela en divisant et affaiblissant la droite traditionnelle et le PS. Et en désignant l'extrême droite, elle même en progression, comme l'unique opposition existante.

Confrontée à cette offensive,  la gauche est très affaiblie et divisée.

Dans le même temps la mobilisation des Gilets jaunes  a modifié la donne sociale et politique, ainsi que la perception des problèmes nécessitant des réponses urgentes, ce qui peut donner lieu à des traductions inédites à l'occasion de ces élections. La rentrée  se voit également marquée par de fortes mobilisations sociales dans différents secteurs. Et existe la conscience de plus en plus aiguë du caractère décisif des questions écologiques, en particulier celle du climat, qui appelle à modifier l'ensemble des politiques publiques préconisées.

Lors de ces élections, les problèmes que connaissent les quartiers populaires doivent être posés avec force. La mobilisation de cet électorat populaire suppose une réelle prise en compte des discriminations et inégalités que celui-ci subit, ainsi que de ses aspirations.

Les élections municipales vont donc représenter un rendez-vous politique décisif, à la fois au regard des réponses apportées à cette occasion par les différentes forces politiques et en ce qui concerne la reconfiguration du champ politique en cours.

L'impératif est donc de préserver, voire si possible améliorer les positions de la gauche face à la droite macroniste, à la droite LR et au RN.

3- L'offensive macroniste à l'occasion des municipales se confronte à des obstacles majeurs.

° Elle se situe après des mobilisations sociales importantes. En particulier le soulèvement des Gilets jaunes, qui a conduit à la recherche d'une expression politique lui donnant une traduction au plan institutionnel, laquelle va peut être se confirmer à cette occasion.

° La complexité et la diversité des situations locales. Au prisme de la réalité communale, les citoyens et les citoyennes vivent de manière spécifique la politique : la prégnance des déterminants nationaux est moindre, à l'inverse les données locales sont décisives (le rôle des maires, des élus et des forces sociales et politiques agissant à cette échelle), les problèmes qui se posent au  quotidien, les réalisations qui impactent le vécu des populations...) D'où, à ce niveau, une potentielle capacité de résistance des forces politiques implantées localement.

Nous devons favoriser les constructions politiques nouvelles susceptibles de traduire politiquement ces évolutions.

4- Ensemble! défend une démarche de rassemblement citoyen.

Il convient dans le contexte actuel d'exploiter au mieux les possibilités locales permettant de rassembler en vue de constituer dans un maximum de communes des pôles de résistance au néolibéralisme,  à sa traduction politique d’aujourd’hui, le macronisme, et pour engager la construction d’embryons de contre-pouvoirs populaires.

La poursuite de tels objectifs suppose d’affirmer les principes qui devraient présider à la construction de listes de rassemblement large de la gauche et de l'écologie :

- La mise en œuvre, y compris dans les grandes villes et les métropoles, d’une véritable démocratie active, engageant un processus de co-décision entre citoyens et élus (assemblées citoyennes dotées de pouvoirs et de moyens, budget participatif, recours au référendum local sur les projets structurants…), loin des pseudo-concertations trop souvent à l’oeuvre. Pour les municipales la possibilité existe que s'organisent des collectifs citoyens aptes à discuter des programmes, des alliances, de la désignation des candidates et candidats... Ensemble ! milite pour que ce potentiel se concrétise dans le plus de lieux possibles et avec le maximum de force. Cela ne s'oppose pas au rôle indispensable des organisations politiques, lesquelles devraient épouser cette dynamique indispensable à la relégitimation de leurs propositions.

- L’engagement de politiques publiques en rupture  avec les logiques austéritaires malgré les cadres imposés  : développement des gratuités, le quotient familial permettant de tenir compte de la situation financière des familles, re-municipalisation des services publics locaux et des "communs" passés en délégation de service public, avec dans le même temps une affirmation de la nécessité de grands services publics nationaux, une action résolue pour contrer les effets du chômage et combattre la pauvreté, une transition écologique hardie, une politique d'accueil des migrantes et migrants...

Pour Ensemble! affronter cette situation implique de porter une orientation d'indépendance autour de principes démocratiques et d'exigences de ruptures avec les politiques dominantes.

5- Ensemble! défend une démarche de rassemblement large sur un programme de combat contre le néolibéralisme, donc d'opposition aux forces social-libérales, de droite et d'extrême droite qui en sont les vecteurs politiques.

Ce pourquoi nous nous adressons à toutes celles et tous ceux qui veulent s’opposer à l’offensive macroniste et aux forces défendant le néolibéralisme dans ses divers registres austéritaires, antiécologiques et autoritaires. Cela sans exclusives, avec le souci que personne ne soit en situation d’imposer son hégémonie, ni ne cherche à subordonner quelque partenaire que ce soit. Cette perspective de rassemblement large doit être distinguée des formules traditionnelles d'Union de la gauche, qui peuvent aujourd'hui réapparaître et que nous ne saurions soutenir.

Cette démarche s'adresse aux forces du mouvement social, ainsi qu'aux organisations politiques qui peuvent jouer un rôle particulier pour la réussite de celle-ci : La France insoumise, le Parti communiste... Ainsi qu'à toutes les organisations susceptibles de partager ces mêmes préoccupations : Diem25, Ecologie populaire, GDS, Génération.s, GRS, Libertaires, ND, NPA, PG, PCOF, Place publique, R&S...

Avec EELV, des accords sont possibles dans certaines villes, les valoriser peut aider à contrecarrer la tentation d'extériorisation par rapport à la gauche que portent certains de ses dirigeants.

Le PS aborde ces élections dans une situation inédite, il est aujourd'hui minoritaire au sein de la gauche au plan national et se présente localement dans des configurations diverses. Nous continuons à combattre ses positions social-libérales et sécuritaires, celles que portent nombre de maires sortants ou candidats à le devenir.

Cela ne saurait empêcher de prendre en compte les situations particulières dans lesquelles des secteurs du PS sont amenés à défendre des options politiques en rupture avec le social-libéralisme et peuvent s'inscrire dans des alliances correspondant à cette logique.

Pour les deuxièmes tours il faudra empêcher les forces de droite (dont LREM) et d'extrême-droite de renforcer leurs positions municipales voire de conquérir des villes. Nous soutiendrons des accords à gauche répondant à cet objectif.

Adopté par le Collectif national d'Ensemble le 22 septembre 2019

Type: 
Article

Municipales 2020 : orientation d'Ensemble 

Texte d'orientation d'Ensemble pour les élections municipales 2020

1- Une plate-forme pour les municipales doit être élaborée avec le souci de refléter les mobilisations locales et les axes des différentes forces avec lesquelles nous travaillons, associations et collectifs citoyens, syndicats, forces politiques. Les thématiques principales à défendre sont à relier aux mobilisations sociales et écologiques en cours : hôpitaux, déserts médicaux, santé, qualité de l'air, pollutions, éducation, luttes des femmes, poste, petites lignes et gares chemin de fer, solidarité avec les migrantes et les migrants... Contre l'étouffement de la démocratie communale, il s'agit d'opposer une logique municipaliste telle que l'expriment les "villes rebelles" de l'Etat espagnol.

Ces élections municipales vont poser à l’échelle nationale et dans chaque métropole, agglomération, communauté de communes et commune la question de la démocratie dans le fonctionnement des collectivités locales.

L'échelon communal est attaqué par la droite libérale et les sociaux-libéraux. La loi Notre, votée sous le gouvernement Hollande, dépossède les communes de leurs prérogatives et de leurs ressources. Elle éloigne des citoyens et citoyennes des centres de décision qui sont délégués à des institutions non élues et non démocratiques.

Pourtant la commune reste souvent par sa proximité avec les citoyens et les citoyennes un lieu de résistance aux politiques antisociales et autoritaires. Nous défendons une réelle démocratie locale et une politique de coopération et de solidarité face aux logiques de concurrences métropolitaines mises en oeuvre dans l'Union européenne.

Cette plate-forme doit également expliquer pour quelles raisons nous participons à ces élections et ce que doit être selon nous le rôle des élus et des élues.

2- Les axes politiques répondant aux enjeux de la situation.

Macron veut poursuivre la restructuration du champ politique par la conquête de positions municipales, en particulier dans les grandes métropoles, en perspective des autres élections à venir et avec en ligne de mire la présidentielle de 2022. Cela en divisant et affaiblissant la droite traditionnelle et le PS. Et en désignant l'extrême droite, elle même en progression, comme l'unique opposition existante.

Confrontée à cette offensive,  la gauche est très affaiblie et divisée.

Dans le même temps la mobilisation des Gilets jaunes  a modifié la donne sociale et politique, ainsi que la perception des problèmes nécessitant des réponses urgentes, ce qui peut donner lieu à des traductions inédites à l'occasion de ces élections. La rentrée  se voit également marquée par de fortes mobilisations sociales dans différents secteurs. Et existe la conscience de plus en plus aiguë du caractère décisif des questions écologiques, en particulier celle du climat, qui appelle à modifier l'ensemble des politiques publiques préconisées.

Lors de ces élections, les problèmes que connaissent les quartiers populaires doivent être posés avec force. La mobilisation de cet électorat populaire suppose une réelle prise en compte des discriminations et inégalités que celui-ci subit, ainsi que de ses aspirations.

Les élections municipales vont donc représenter un rendez-vous politique décisif, à la fois au regard des réponses apportées à cette occasion par les différentes forces politiques et en ce qui concerne la reconfiguration du champ politique en cours.

L'impératif est donc de préserver, voire si possible améliorer les positions de la gauche face à la droite macroniste, à la droite LR et au RN.

3- L'offensive macroniste à l'occasion des municipales se confronte à des obstacles majeurs.

° Elle se situe après des mobilisations sociales importantes. En particulier le soulèvement des Gilets jaunes, qui a conduit à la recherche d'une expression politique lui donnant une traduction au plan institutionnel, laquelle va peut être se confirmer à cette occasion.

° La complexité et la diversité des situations locales. Au prisme de la réalité communale, les citoyens et les citoyennes vivent de manière spécifique la politique : la prégnance des déterminants nationaux est moindre, à l'inverse les données locales sont décisives (le rôle des maires, des élus et des forces sociales et politiques agissant à cette échelle), les problèmes qui se posent au  quotidien, les réalisations qui impactent le vécu des populations...) D'où, à ce niveau, une potentielle capacité de résistance des forces politiques implantées localement.

Nous devons favoriser les constructions politiques nouvelles susceptibles de traduire politiquement ces évolutions.

4- Ensemble! défend une démarche de rassemblement citoyen.

Il convient dans le contexte actuel d'exploiter au mieux les possibilités locales permettant de rassembler en vue de constituer dans un maximum de communes des pôles de résistance au néolibéralisme,  à sa traduction politique d’aujourd’hui, le macronisme, et pour engager la construction d’embryons de contre-pouvoirs populaires.

La poursuite de tels objectifs suppose d’affirmer les principes qui devraient présider à la construction de listes de rassemblement large de la gauche et de l'écologie :

- La mise en œuvre, y compris dans les grandes villes et les métropoles, d’une véritable démocratie active, engageant un processus de co-décision entre citoyens et élus (assemblées citoyennes dotées de pouvoirs et de moyens, budget participatif, recours au référendum local sur les projets structurants…), loin des pseudo-concertations trop souvent à l’oeuvre. Pour les municipales la possibilité existe que s'organisent des collectifs citoyens aptes à discuter des programmes, des alliances, de la désignation des candidates et candidats... Ensemble ! milite pour que ce potentiel se concrétise dans le plus de lieux possibles et avec le maximum de force. Cela ne s'oppose pas au rôle indispensable des organisations politiques, lesquelles devraient épouser cette dynamique indispensable à la relégitimation de leurs propositions.

- L’engagement de politiques publiques en rupture  avec les logiques austéritaires malgré les cadres imposés  : développement des gratuités, le quotient familial permettant de tenir compte de la situation financière des familles, re-municipalisation des services publics locaux et des "communs" passés en délégation de service public, avec dans le même temps une affirmation de la nécessité de grands services publics nationaux, une action résolue pour contrer les effets du chômage et combattre la pauvreté, une transition écologique hardie, une politique d'accueil des migrantes et migrants...

Pour Ensemble! affronter cette situation implique de porter une orientation d'indépendance autour de principes démocratiques et d'exigences de ruptures avec les politiques dominantes.

5- Ensemble! défend une démarche de rassemblement large sur un programme de combat contre le néolibéralisme, donc d'opposition aux forces social-libérales, de droite et d'extrême droite qui en sont les vecteurs politiques.

Ce pourquoi nous nous adressons à toutes celles et tous ceux qui veulent s’opposer à l’offensive macroniste et aux forces défendant le néolibéralisme dans ses divers registres austéritaires, antiécologiques et autoritaires. Cela sans exclusives, avec le souci que personne ne soit en situation d’imposer son hégémonie, ni ne cherche à subordonner quelque partenaire que ce soit. Cette perspective de rassemblement large doit être distinguée des formules traditionnelles d'Union de la gauche, qui peuvent aujourd'hui réapparaître et que nous ne saurions soutenir.

Cette démarche s'adresse aux forces du mouvement social, ainsi qu'aux organisations politiques qui peuvent jouer un rôle particulier pour la réussite de celle-ci : La France insoumise, le Parti communiste... Ainsi qu'à toutes les organisations susceptibles de partager ces mêmes préoccupations : Diem25, Ecologie populaire, GDS, Génération.s, GRS, Libertaires, ND, NPA, PG, PCOF, Place publique, R&S...

Avec EELV, des accords sont possibles dans certaines villes, les valoriser peut aider à contrecarrer la tentation d'extériorisation par rapport à la gauche que portent certains de ses dirigeants.

Le PS aborde ces élections dans une situation inédite, il est aujourd'hui minoritaire au sein de la gauche au plan national et se présente localement dans des configurations diverses. Nous continuons à combattre ses positions social-libérales et sécuritaires, celles que portent nombre de maires sortants ou candidats à le devenir.

Cela ne saurait empêcher de prendre en compte les situations particulières dans lesquelles des secteurs du PS sont amenés à défendre des options politiques en rupture avec le social-libéralisme et peuvent s'inscrire dans des alliances correspondant à cette logique.

Pour les deuxièmes tours il faudra empêcher les forces de droite (dont LREM) et d'extrême-droite de renforcer leurs positions municipales voire de conquérir des villes. Nous soutiendrons des accords à gauche répondant à cet objectif.

Adopté par le Collectif national d'Ensemble le 22 septembre 2019

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Article

(26/09/2019 11:23)

Mépris de Valérie Pécresse pour les banlieues 

« Dans les banlieues, nous ne devons plus avoir la main qui tremble » : le titre de la tribune de Valérie Pécresse, publiée dans Le Monde du 10 septembre, affiche un parti pris méprisant et menaçant à l’égard de territoires et de populations qu’elle a, en principe, la charge de défendre et de représenter. Assumant l’objectif de « détruire résolument nos grands ensembles », la présidente de la région Ile-de-France défend la priorité du rétablissement de l’autorité, la fin du bracelet électronique ou la création de nouvelles places de prison.

Après tant d’autres, elle propose un axe majeur pour répondre aux profondes difficultés rencontrées par les habitants de banlieues populaires : la répression. Maintenant qu’Emmanuel Macron s’est installé sur ses terres, la droite, même quand elle se veut plus sociale et plus moderne, semble courir après l’extrême droite qui lui tond la laine sur le dos. Dans cette course électoraliste, ce sont les termes du débat qui se trouvent dangereusement infléchis. Même les efforts conduits depuis vingt ans pour transformer les quartiers populaires sont rabaissés à du « ripolinage des murs et des façades ». Améliorer le bâti grâce à la rénovation urbaine ne change pas toute la vie, mais permet souvent de vivre dans un cadre plus agréable. Ce n’est pas rien. Et c’est précisément ce fil de progrès qu’il faut aujourd’hui tirer résolument.L’ignorance à l’égard des quartiers populaires est trop souvent portée en bandoulière par une droite sûre d’elle-même, guidée par le mépris de classe et le rejet de l’altérité. Ces banlieues ne seraient que désespoir, solitude, ghetto, trafic, violence et islamisme. Comme si les visites officielles ou le prisme des seules images vues à la télévision empêchaient de mesurer la richesse du tissu associatif, la créativité, l’énergie, la solidarité qui font aussi partie du quotidien de ces quartiers, cibles d’une stigmatisation aux effets désastreux. Il y a bien plus de finesse du regard dans le film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir qui triomphe sur nos écrans : La Vie scolaire nous immerge dans un collège de Saint-Denis où les élèves se débattent avec malice et ténacité, soutenus par l’humour, l’entraide et la compréhension.

L’inégalité au cœur des difficultés

Députée de Seine-Saint-Denis, je peux témoigner de l’engagement de ses habitants pour construire une vie digne dans un climat qui ne leur facilite vraiment pas la tâche. Le rapport des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo remis l’an dernier sur ce département pointe le grave et constant défaut des moyens que l’Etat y consacre. Un exemple : « Le moins bien doté des établissements scolaires parisiens reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis », soulignait le sociologue Benjamin Moignard, interrogé pour ce rapport.

Le cœur des difficultés dans les quartiers populaires porte un nom : c’est l’inégalité. Moins de services publics, moins d’emplois disponibles, moins de lieux culturels, moins de ressources pour les collectivités qu’ailleurs. Plus de pauvreté, plus de précarité, plus de difficultés sociales, plus de défiance, sans compter les discriminations au faciès, au nom ou à l’adresse. En matière de justice ou de santé, de budgets des communes, ces banlieues sont maltraitées par la République. Des municipalités ont d’ailleurs porté plainte contre l’Etat pour rupture d’égalité. Nous en sommes là. Dans le ressentiment qui s’exprime parfois avec virulence vis-à-vis de la République, j’entends au fond une demande de plus de République. La devise « Liberté, égalité, fraternité » ne doit pas seulement être inscrite sur le fronton des écoles, elle doit se traduire dans l’action publique. Le sentiment d’abandon et la panne de la dynamique d’égalité doivent être pris au sérieux et endigués par un investissement inédit, une valorisation, un soutien.

Deux visions clairement opposées

Ces difficultés ont une histoire qu’il faut connaître et réparer : celle d’un Etat qui, dès l’origine, a sous-investi en considérant que seul le logement était une obligation pour héberger les ouvriers de nos usines et les maçons de nos villes. Mais cette histoire est aussi celle des luttes de ce qui n’était pas encore la banlieue pour conquérir l’eau, l’électricité, les pavés sur les routes. La construction, aujourd’hui en cours, du métro qui va enfin mieux desservir ces quartiers est aussi le résultat de la ténacité des élus pour que le Grand Paris appartienne, aussi, aux habitants des banlieues. Au moment où le prix moyen du mètre carré dépasse les 10 000 euros à Paris, la droite s’en prend au logement social des quartiers populaires, qu’elle entend « plafonner ». Veut-elle reléguer toujours plus loin leurs habitants, qui n’ont pas décidé de disparaître et qui continuent de se battre pour bien vivre dans la métropole ? Au moment où chacun chante sa conversion écologique, qui peut penser qu’on peut les obliger à d’insensés déplacements quotidiens ? Et qui peut croire qu’une hypothétique arrivée des classes moyennes viendra sauver ces quartiers ? En pointant leurs habitants du doigt, on ne fait qu’alimenter la ségrégation qui ruine notre société.

La peur et la résignation vont-elles cesser par la seule présence policière et l’inflation des sanctions ? Quel angélisme et quelle naïveté que de le croire ! Et pourtant, je me bats pour un commissariat de plein exercice à Sevran, parce que nous sommes tellement sous-dotés en présence policière dans notre ville qu’une femme qui voudrait, par exemple, porter plainte pour viol en pleine nuit doit aller à Aulnay-sous-Bois et attendre dans la rue qu’un fonctionnaire soit disponible. Mais le volet de la répression vient quand nous avons échoué sur tout le reste. Valérie Pécresse réactive une confrontation de fond, avec deux visions clairement opposées : la solution par l’égalité ou par la répression. A mon sens, « la main qui tremble », pour l’instant, c’est plutôt celle de l’Etat quand on lui demande de signer un vaste plan pour combattre, dans les banlieues, cette inégalité qui nous asphyxie. C’est là qu’il faut porter un haut niveau d’exigence.

Clémentine Autain (Députée (LFI) de Seine-Saint-Denis). Tribune publiée dans Le Monde.

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Article

Mépris de Valérie Pécresse pour les banlieues 

« Dans les banlieues, nous ne devons plus avoir la main qui tremble » : le titre de la tribune de Valérie Pécresse, publiée dans Le Monde du 10 septembre, affiche un parti pris méprisant et menaçant à l’égard de territoires et de populations qu’elle a, en principe, la charge de défendre et de représenter. Assumant l’objectif de « détruire résolument nos grands ensembles », la présidente de la région Ile-de-France défend la priorité du rétablissement de l’autorité, la fin du bracelet électronique ou la création de nouvelles places de prison.

Après tant d’autres, elle propose un axe majeur pour répondre aux profondes difficultés rencontrées par les habitants de banlieues populaires : la répression. Maintenant qu’Emmanuel Macron s’est installé sur ses terres, la droite, même quand elle se veut plus sociale et plus moderne, semble courir après l’extrême droite qui lui tond la laine sur le dos. Dans cette course électoraliste, ce sont les termes du débat qui se trouvent dangereusement infléchis. Même les efforts conduits depuis vingt ans pour transformer les quartiers populaires sont rabaissés à du « ripolinage des murs et des façades ». Améliorer le bâti grâce à la rénovation urbaine ne change pas toute la vie, mais permet souvent de vivre dans un cadre plus agréable. Ce n’est pas rien. Et c’est précisément ce fil de progrès qu’il faut aujourd’hui tirer résolument.L’ignorance à l’égard des quartiers populaires est trop souvent portée en bandoulière par une droite sûre d’elle-même, guidée par le mépris de classe et le rejet de l’altérité. Ces banlieues ne seraient que désespoir, solitude, ghetto, trafic, violence et islamisme. Comme si les visites officielles ou le prisme des seules images vues à la télévision empêchaient de mesurer la richesse du tissu associatif, la créativité, l’énergie, la solidarité qui font aussi partie du quotidien de ces quartiers, cibles d’une stigmatisation aux effets désastreux. Il y a bien plus de finesse du regard dans le film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir qui triomphe sur nos écrans : La Vie scolaire nous immerge dans un collège de Saint-Denis où les élèves se débattent avec malice et ténacité, soutenus par l’humour, l’entraide et la compréhension.

L’inégalité au cœur des difficultés

Députée de Seine-Saint-Denis, je peux témoigner de l’engagement de ses habitants pour construire une vie digne dans un climat qui ne leur facilite vraiment pas la tâche. Le rapport des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo remis l’an dernier sur ce département pointe le grave et constant défaut des moyens que l’Etat y consacre. Un exemple : « Le moins bien doté des établissements scolaires parisiens reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis », soulignait le sociologue Benjamin Moignard, interrogé pour ce rapport.

Le cœur des difficultés dans les quartiers populaires porte un nom : c’est l’inégalité. Moins de services publics, moins d’emplois disponibles, moins de lieux culturels, moins de ressources pour les collectivités qu’ailleurs. Plus de pauvreté, plus de précarité, plus de difficultés sociales, plus de défiance, sans compter les discriminations au faciès, au nom ou à l’adresse. En matière de justice ou de santé, de budgets des communes, ces banlieues sont maltraitées par la République. Des municipalités ont d’ailleurs porté plainte contre l’Etat pour rupture d’égalité. Nous en sommes là. Dans le ressentiment qui s’exprime parfois avec virulence vis-à-vis de la République, j’entends au fond une demande de plus de République. La devise « Liberté, égalité, fraternité » ne doit pas seulement être inscrite sur le fronton des écoles, elle doit se traduire dans l’action publique. Le sentiment d’abandon et la panne de la dynamique d’égalité doivent être pris au sérieux et endigués par un investissement inédit, une valorisation, un soutien.

Deux visions clairement opposées

Ces difficultés ont une histoire qu’il faut connaître et réparer : celle d’un Etat qui, dès l’origine, a sous-investi en considérant que seul le logement était une obligation pour héberger les ouvriers de nos usines et les maçons de nos villes. Mais cette histoire est aussi celle des luttes de ce qui n’était pas encore la banlieue pour conquérir l’eau, l’électricité, les pavés sur les routes. La construction, aujourd’hui en cours, du métro qui va enfin mieux desservir ces quartiers est aussi le résultat de la ténacité des élus pour que le Grand Paris appartienne, aussi, aux habitants des banlieues. Au moment où le prix moyen du mètre carré dépasse les 10 000 euros à Paris, la droite s’en prend au logement social des quartiers populaires, qu’elle entend « plafonner ». Veut-elle reléguer toujours plus loin leurs habitants, qui n’ont pas décidé de disparaître et qui continuent de se battre pour bien vivre dans la métropole ? Au moment où chacun chante sa conversion écologique, qui peut penser qu’on peut les obliger à d’insensés déplacements quotidiens ? Et qui peut croire qu’une hypothétique arrivée des classes moyennes viendra sauver ces quartiers ? En pointant leurs habitants du doigt, on ne fait qu’alimenter la ségrégation qui ruine notre société.

La peur et la résignation vont-elles cesser par la seule présence policière et l’inflation des sanctions ? Quel angélisme et quelle naïveté que de le croire ! Et pourtant, je me bats pour un commissariat de plein exercice à Sevran, parce que nous sommes tellement sous-dotés en présence policière dans notre ville qu’une femme qui voudrait, par exemple, porter plainte pour viol en pleine nuit doit aller à Aulnay-sous-Bois et attendre dans la rue qu’un fonctionnaire soit disponible. Mais le volet de la répression vient quand nous avons échoué sur tout le reste. Valérie Pécresse réactive une confrontation de fond, avec deux visions clairement opposées : la solution par l’égalité ou par la répression. A mon sens, « la main qui tremble », pour l’instant, c’est plutôt celle de l’Etat quand on lui demande de signer un vaste plan pour combattre, dans les banlieues, cette inégalité qui nous asphyxie. C’est là qu’il faut porter un haut niveau d’exigence.

Clémentine Autain (Députée (LFI) de Seine-Saint-Denis). Tribune publiée dans Le Monde.

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Article

(19/09/2019 14:28)

08/11/2019 19:25

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